Petite vidéo pour la nouvelle année


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La vie de Pierre, un homme très ordinaire…


Il devait être très exactement 3h41 du matin lorsque l’homme se réveilla. En tout cas, c’est ce qu’indiquait son portable qu’il reposa après un instant d’hésitation. C’était pas dans ses habitude de se réveiller à cet heure si matinale.

Pierre âgé d’environ 50 ans, ordinaire et légèrement voûté se leva. Son visage un peu triste reflétait bien ses pensées. Pourtant la tristesse, ce n’était pas vraiment ce qu’il voulait, il aurait volontiers rit tous les jours. Et du sens de l’humour, il en avait plus qu’il n’en voulait. Mais rire tous seul, ça va bien cinq minutes, après on passe pour un fou. Et il n’était pas encore assez fou pour s’y risquer. Alors, comme l’indifférence ne le branchait pas de trop, il se résignait souvent à la tristesse. Car dans le monde où il vivait, il avait bien des occasions d’y souscrire. En plus ça coûtait pas cher, il suffisait d’allumer la télé à l’heure des infos.

Pourtant tout autour de lui, il était écrit le mot « bonheur » et tout les gens le cherchaient. 3 mn de pub et le tour était joué, on savait où le dénicher. Mais sans doute mécontent de la marchandise, ils le rejetaient tous.
Malgré tout cet homme quelconque savait où le trouver, et il s’acharnait à l’expliquer a tous, comme beaucoup d’autres. Et sans doute à cause de cela nul ne semblait écouter. Le chœur, dans cette chorale frisait la cacophonie. Un bon chef d’orchestre aurait fait l’affaire, mais personne n’y pensait.

Il se dirigea vers les toilettes pour y faire ses affaires. A cette heure, au réveil, assis comme il convient. Il lui aura fallut bien des années pour le comprendre, pourquoi s’acharner à viser alors que les conditions ne sont pas favorables. De la viser, il faut s’asseoir dessus pour réussir le clicher sans flou.
Il se releva, et en sortant de la pièce baissa le chauffage qui tournait inutilement, comme d’hab.
Déplaça quelques objets qui gênaient le passage, car contraire au règles de sécurité, on va dire.

Pour confirmer cette impression de déjà vu, en pénétrant dans la chambre d’à côté, il observa son grand garçon, affalé en train de dormir. Et contempla d’un regard désespéré et circulaire, le chantier qui n’en finissait pas de se terminer.
Dans sa tête, les mots se formaient avec un certain naturel. Il s’avoua qu’un jour il lui faudrait porter plainte pour dénoncer ses retards récurrents dans l’avancer des travaux et que sonne enfin les trompettes de Jéricho, au moins, pour annoncer, c’est pas trop tôt, la fin du chantier.

Il se disait aussi que la solution serait peut-être de déménager et repartir a zéro comme le suggérait son fils de 27 ans bien tassé.
Cette idée banale lui traversa l’esprit à présent totalement opérationnel :

« À ton âge, mon fils, tu crois pas qu’il serait tant que tu fasse ta vie tout seul… euh, … avec une chérie peu regardante sur tes prestations ménagères et doté d’une patience d’ange. »

Il avait d’ailleurs cru l’apercevoir quelques jours plus tôt, mais n’avait pas noté la présence de son auréole. Elle l’avait sans doute mise à l’abri à cause de la pluie. Cet homme là ignorait si les auréole pouvaient en certaines circonstances faire office de parapluie, ou s’il fallait mieux en avoir un.

Pierre nota, non sans satisfaction que l’ordinateur était au repos lui aussi. Car bien souvent, il reste allumé pour la grande joie d’EDF.

Ayant terminé sont sinistre tour d’horizon, et à peine plus déprimé qu’avant … à force de voir, on fini par s’habituer, Pierre s’évade enfin du chantier avec un certain soulagement.

Tout autant par l’heure matinal que par son esprit éveillé l’était, pierre se dirigea vers sa chambre, pris un livre et commença à retrouver le dernier passage qu’il avait abandonné. Car, marque ta page, certes, mais pas marque ta ligne.

Pierre avait ce profil des gens qui s’arrêtent en plein milieu d’une phrase…probablement pour ménager le suspens, ou sûrement par quelques vieux restes d’une enfance révolus quand les mots berçaient jadis son cœur tendre, ces yeux se fermait malgré lui.


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