Le Trou de la Sécu

Il parait que ce trou est en voie d’extinction. Et j’avais soudain cette désobligeante idée de penser que ce serait du au réchauffement de la planète et par effet de ricochet sur le cerveau de nos dirigeants. Alors, avant que cette dix-huitième merveille du monde ne disparaisse voici une petite présentation du sujet rédigé il y a une vingtaine d’année.

C’est après padirac, le trou le plus célèbre connu au sein de l’hexagone. Depuis des décennies, on cherche à le combler. Le comble c’est d’ailleurs d’avoir dénoncé le harcèlement dont était victime le corps médical qui se voyait contraint de prescrire des médicaments exigés par le malade. Ayant réussi à prendre le dessus, le médecin se venge en pratiquant le dépassement d’honoraires et plus sournoisement en administrant des préparations non remboursées par la Sécu. Malgré ce renversement de tendance, le trou est toujours là. Pourquoi n’a-t-on pas encore songé à le faire visiter?

On pourrait organiser des visites guidées par les agents de la Sécu avec plusieurs tarifs :

– Un tarif conventionnel délivré sous ordonnance,
– Un tarif à la carte, avec possibilité de dépassement, si on est vraiment content,
– Et bien évidement, demi-tarif pour les ayants droit et les familles nombreuses.

Alors maintenant rêvons un peu de lieux inexploré. Imaginons un instant pénétrant dans la grotte des dépassements d’honoraires, pour longer la faille des ordonnances de complaisances. Ensuite, on pourrait faire un crochet par le Puy des retraites de misère pour s’engager dans le tunnel sans fin des allocations de bons pères de famille. Après une halte au café du tiers payant, il sera grand temps de s’engager dans l’abysse des journées hospitalières en soins intensifs.

Après cette épuisante, mais oh! combien enrichissante visite, on pourra faire un peu de shopping à la boutique souvenirs pour dénicher:

– Le casque de Sécu pour voyager en toute sécurité au bord du gouffre,
– Une feuille de soins « consultation gratuite » n’ayant encore jamais servi,
– Une carte d’assuré social en fin de droit sous jaquette plastique,
– Un document de grande valeur relatant par le menu un projet avorté de réduction du déficit,
– Une reproduction fidèle du premier bilan de santé jamais réalisée en CinémaScope et son stéréo THX,
– Une lettre d’attente antidatée, relative, à une date de conception contraire à toute attente émanant du service concerné,
– Et pour finir, la lettre d’un assuré réclamant un trop perçu.

Ah! Quelle belle journée se serait. On pourrait même remettre ça pendant les prochains congés payés.

Ardoisières de Keriven à Caurel

 

Ardoisière juste en face du Barrage de Guerlédan


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