Je vais revenir à mes premiers amour … ce qui m’a pousser à écrire, … ce n’est pas la poésie …

Il y a quelques jours, j’ai reçu ce charmant petit message sur mon portable :

Salut c moi? J’attends toujours ton appel, a croire que je t’ai laisse mon numero pr rien, rappelle moi au 0899783947 … l’avez-vous reçu ?

Une princesse m’a répondu en me disant : Moi aussi, je l’ai reçu …
alors je n’ai pas pu résister à cette tentation lui dire : Allons avoue, c’est toi qui me l’a envoyé … sourire.

Parce que la meilleur façon de se dédouaner d’un crime, n’est-ce pas justement de s’ériger en victime. Que le plus gros menteur va accuser celui à qui justement il a mentie et de préférence avant que les accusations ne soit public pour bénéficier de l’effet d’avant-première… eh oui, c’est de la stratégie …

Alors comme tu m’as envoyé ce petit diaporama qui m’a bien fait rire, je te met cette petite histoire … et j’aurais bien dit rien que pour toi … c’est juste que tu m’as rappelé certaines choses en m’envoyant ses sourires …

Donc, cette petite histoire écrite il y a un ti moment quand même, et j’aurais dit que ça sens un peu le désinfectant … mais si peu…

Un centre très hospitalier

Nous étions alors au plus fort de l’été, l’époque où l’homme est harassé de fatigue, c’est pourquoi on le voit reposer de tout son long sur d’immenses plages de sable fin où la mer vient mourir par petites vagues successives sauf les jours de compétitions de long-board.
Là, l’homme expose sans vergogne son corps lascif et nu aux rayons accablants du soleil (l’homme, mais la femme également bien sûr.)
Le soleil, qui à ce moment là est au zénith et donc en pleine possession de ses moyens, s’en donne à cœur joie pour buriner les corps ainsi étalés, obtenant des résultats inégaux suivant l’humeur de l’instant. Tantôt noir, dés le petit déjeuner, ou café au lait, tantôt rouge vermillon jusque tard dans la nuit.
C’est donc en ces temps bénis des tour-opérateurs et des boîtes à frites, que je fis l’une de ces rencontres qui marquent votre vie d’une manière indélébile.
Toujours est-il qu’en se temps là… je me suis retrouvé nez à nez avec l’un de ces squatters des plus sournois, un microbe de la plus belle eau (alors que je n’avais absolument rien demandé). C’était un microbe invisible à l’œil nu, mais également lorsque l’on porte des lunettes. Un microbe qui avait pris le parti de s’installer en ignorant délibérément tout sur les lois Pasqua, et au besoin, en s’asseyant dessus. Un microbe qui malgré sa petite taille avait réussi à déjouer tous les plans du docteur, même les plus machiavéliques, et en franchissant sans encombre toutes les barrières dressées contre lui. Ce microbe était allé très loin dans ses exactions, il s’en était pris à mes pieds. En résumé, c’était un coup bas.
Alors, vous vous imaginez bien que cette fameuse rencontre qui est sensée marquer votre vie me marqua surtout le pied.
Aussi, face à ce diagnostic sans appel, une décision s’imposait d’elle-même et sans doute plusieurs autres derrière par un effet d’entraînement. C’est pourquoi, je décidai de me rendre (encore que le mot soit faible — de me livrer — aurais-je dû dire). Je décidai, en accord avec moi-même, de m’abandonner au meilleur centre hospitalier de la région.
Cette double décision, celle de la choisir et celle de la faire mienne n’était pas sans risque. Et là aussi, le risque était double. J’entrais dans un monde où j’allais devoir affronter la plus grande concentration microbienne jamais égalée. Je m’étais dit, et c’est ce qui m’a amené à prendre cette décision : « chez ces gens-là, on a l’habitude de voir les microbes, et peut-être même à l’œil nu… (avec de l’entraînement, on arrive à tout). Ils auront certainement dû rencontrer l’un de ses frères à une occasion ou à une autre, voire, l’un de ses cousins issu de germain. Alors, en remontant la filière, en refaisant la généalogie, ce serait bien le diable s’ils n’arrivaient pas à localiser ce microbe pour le renvoyer dans ses foyers, quitte à faire appel à témoin ».
Souvent, le problème avec les microbes, c’est qu’on ne sait jamais d’où ils sortent. Alors bien sûr, au début ils s’installent n’importe où et personne ne fait rien contre eux, mais personne ne fait rien non plus pour eux. Et après on s’étonne que ça dégénère. Alors, si on veut renvoyer ces squatters chez eux, il faut au moins prendre la peine de savoir d’où ils viennent.
En me rendant à l’hôpital, je prenais donc le risque de me récupérer un microbe en instance d’affectation, un microbe qui errerait sans but précis, comme une âme en peine, dans un couloir de circulation normalement réservé aux humains.
Le deuxième risque, c’était que j’entrais dans un monde qui avait déjà ses propres règles, qui ne seraient pas forcément compatibles avec les miennes. Mais, ne jetons pas la pierre avant la cognée et observons le bon côté des choses. Et le bon côté s’est le côté jardin, comme chacun sait.

Aussi, après avoir éliminé mentalement tous les risques qui, après tout, restaient potentiels (avec un minimum de savoir-faire, je pouvais les éviter), en tous cas, j’étais prévenu, fallait que j’assume et ça, c’était déjà le début de la guérison.
Je me retrouvai donc devant un individu non moins redoutable, le préposé au service des urgences.
Arrivé là, je me hissai péniblement à sa hauteur, histoire de faire bonne figure, et lui exposai sommairement les raisons de ma visite. Ce dernier me demanda sur un ton badin :
- « Avez-vous un bon de consultation ?  »
Je lui répondis avec empressement :
- « Non, bien sûr, c’était une question d’urgence. J’ai coupé au plus court, pour gagner du temps … et quelques pas ».
Déjà bien aguerri dans son métier qu’il semblait maîtriser à la perfection, il me répondit avec le naturel qui le caractérisait.
- « Il faut que vous alliez chercher un bon de consultation ».
Je lui confirmai mon état de santé avec la plus grande conviction et sans grand succès également. Il est vrai que je n’avais pas de mot d’excuse du docteur m’interdisant la marche à pied. Si j’avais su, je me serais fait livrer par le SAMU, ou par les pompiers. J’aime bien les camions de pompiers.
J’insistais bêtement en lui faisant part de la cruauté dont il se rendait coupable. Mais depuis qu’il était à ce poste, il en avait vu de toutes les couleurs et cela l’avait rendu totalement insensible à la détresse humaine. J’entrepris donc de ramper jusqu’au service des bons, et là bien naturellement je m’enquis de savoir si j’étais dans le bon service, celui qui délivre tous les bons de consultations. En fait, il ne m’en fallait qu’un, et je me disais, pourvu que se soit le bon.
D’un geste rageur, j’arrachai les tickets des 15 prochains clients et grimpai sur l’un des sièges encore vacants juste en face de mon destin, un guichet d’un genre très classique.
Au bout d’un moment, je vis arriver une personne, bien dans sa peau me sembla-t-il, qui s’installa avec aisance derrière l’un des nombreux guichets délivreurs de bons.
Tout de suite, je sus qu’elle venait pour moi. Je ne savais pas trop pourquoi, mais je le savais. Et elle, le savait-elle ? Je ne répondrai jamais à cette question, car je ne lui en ai jamais fait la demande, cette question ne m’étant venue à l’esprit que beaucoup plus tard. Effectivement, au bout de quelques minutes qui comptaient pour des heures, celle-ci appela mon numéro. Pas celui du voisin, le mien. Cette constatation ne fit que confirmer mes soupçons.
Comme c’était l’été, ils en avaient profité pour réquisitionner quelques jeunes qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire. Les vieux profitant généralement des grosses chaleurs pour s’aérer, et finalement tout le monde y trouvaient son compte. J’avais donc devant moi une jeune fille qui exceptionnellement ne portait pas d’écouteurs sur les oreilles. On avait dû lui donner des instructions qu’elle avait suivies.
- « C’est pourquoi ? »
me demanda-t-elle, en regardant le numéro que je lui remettais afin de bien vérifier qu’il était gagnant.
J’hésitai quelque peu et lui avouai presque en m’excusant :
- « C’est pour une urgence ».
- « Et ça fait longtemps que vous m’attendez ? »
me dit-elle avec un large sourire pour faire passer la pilule.
- « Une petite heure, mais je n’ai pas de montre sur moi et il m’arrive de perdre la notion du temps ».

Elle me répondit sans ambages :
- « Alors comme ça, vous venez pour les urgences et ça fait une heure que vous attendez… Vous voyez bien que ça n’était pas si urgent que ça ! Avez-vous votre carte d’assuré social ? »
-  » Évidemment que non. Comme je savais que vous me la demanderiez, j’ai tout fait pour ne pas la trouver « .
Relativement dépourvue du sens de l’humour (elle avait dû le ranger au vestiaire en arrivant à cause des vols qui sont fréquents de nos jours, le vestiaire bénéficiait en effet de la télésurveillance 24 h/ 24 et 7 j/7), elle me laissa un petit mot afin que je n’oublie pas de revenir avec ma carte en main et dans les meilleurs délais, en conservant le secret espoir que les recherches s’avéreraient plus fructueuses. Elle me donna également le bon auquel j’avais droit. Ainsi, le processus était enclenché. J’étais prêt à affronter tous les services hospitaliers. J’avais enfin mon laissez-passer et, hormis un petit problème de vélocité, tout allait bien. A partir de ce moment-là, j’entrepris le chemin du retour vers les urgences déjà si impatientes de me revoir.
Je longeai des brancardiers totalement indifférents, des chaises roulantes, des cannes anglaises en pleine possession de leurs moyens et des regards experts qui, de temps en temps et à titre exceptionnel, demandaient si ça allait. Enfin, je parvins sans trop d’encombre aux urgences qui n’étaient plus de mise. C’est pourquoi je déposais, le plus discrètement possible, mon bon qui peut-être me donnerait droit à une réduction. (Là, je ne savais pas trop, personne n’en avait parlé.)
Selon la coutume, on me conseilla de patienter. En plus de mon mal en patience, je pris donc d’autorité un siège pour m’asseoir, que je m’obligeais à rendre lorsque le devoir m’appellerait, plus un autre siège pour poser mes pieds que je m’obligeais également à rendre dans les meilleurs délais.
L’endroit où j’attendais portait un nom relativement banal :  » salle d’attente « . Une série de sièges étaient bêtement alignés les uns à côté des autres et fermement enchaînés les uns aux autres dans un grand esprit de solidarité et surtout pour éviter les désertions de chaises, des fois qu’elles voudraient changer de salle d’attente. Les mutations de chaises c’est pas courant mais c’est déjà arrivées. Le décor était absent. Seules, quelques affiches étaient là par hasard. De vieux restes d’une campagne d’information sombrée dans l’oubli. Et si les informations en étaient encore visibles, ça devait être dû à son orientation plein nord. L’éclairage n’était là que pour éclairer. On aurait pu imaginer qu’il apporte quelque chose de nouveau mais ça ne devait pas être le lieu ni l’endroit. En dehors de ça, il fallait déplorer l’absence des vieux magasines toujours fidèles aux salles d’attentes et qui avaient dû être retenus ailleurs pour un congrès, où il était question de leur adaptation aux désirs des patients soucieux d’entrer dans la peau de leur personnage.
Et puis au bout d’un certain temps, on vint me chercher. On aurait pu croire que j’avais été oublié, mais il n’en était rien. D’ailleurs, pas un seul instant je n’ai douté que mon tour n’arriva, non, pas un seul instant, car je suis toujours resté confiant.
Et c’est tout à la joie d’affronter le corps médical que je suivis docilement la blouse blanche qui me montrait le chemin.
Nous arrivâmes dans un petit local, petit, mais suffisamment grand pour contenir un patient, un interne de service, avec tous ses accessoires, s’ils sont bien rangés, exceptionnellement une aide soignante, mais il y a rien de moins sûr. Plus un observateur (accompagnant, personnel de service désireux de s’instruire) dans la mesure où le dit observateur reste sur le pas de la porte.
Je m’installai, comme si j’étais chez moi, sur la table prévue à cet effet et dévoilai à la face du monde ici présent l’objet de ma visite jusque là tenu secret. Devant l’étendue des dégâts, on fit appel à un spécialiste et pour ce faire, une chaise roulante fut dépêchée sur place. J’étais enfin pris au sérieux,

j’étais enfin un malade à part entière. Je venais de passer du stade de patient potentiel à celui de patient virtuel avant de passer à celui de patient conventionnel, celui qui est remboursé par la Sécu. Mais j’ignorais encore que bientôt j’atteindrais le stade de patient habituel.
Mon brancardier arriva tout pimpant, et je pus enfin goûter aux joies de la chaise roulante. Et effet, ce mode de locomotion était tout nouveau pour moi et je tenais à en savourer chaque tour de roues. J’osais d’ailleurs à peine effleurer les barres d’entraînement qui assuraient l’autolocomotion de peur de rompre le charme.
Durant le trajet, je me permis quelques fantaisies. Je lâchais les mains qui étaient restées bêtement crispées sur les accoudoirs. J’en profitais pour dire bonjour aux gens de passage, et seulement à ceux-là. Je m’étais même enhardi pour me pencher au-dehors, (alors qu’on sait que c’est interdit), et tournais la tête pour regarder le paysage défiler derrière moi. J’eus même le loisir d’aider à la manoeuvre lors d’un passage difficile, une porte à franchir, juste en aplomb d’un à-pic : Un ascenseur placé en pleine ligne droite, très difficile à négocier à cause d’une absence totale de signalisation, à moins que je n’ai rien vu, trop grisé par la vitesse.
On réussit à prendre la porte dans un ultime et louable effort pour se hisser dans les étages supérieurs. Quoique je n’aie pas le vertige, on s’arrêta quand même au premier niveau.
Pour sortir, chacun de nous prit soin de bien regarder à droite et à gauche avant de s’engager sur la voie. C’était la voix de la raison. Puis, on continua, bille en tête vers le service concerné. Là, le brancardier me parqua à l’endroit prévu à cet effet, en compagnie d’autres malades qui patientaient patiemment.
La plupart d’entre eux étaient silencieux, à l’exception d’un seul, une femme, qui était entrée en grande conversation avec elle-même. Au début de l’entretien, elle avait commencé avec son mari. Celui-ci lui répondait par de vagues sons, tellement vagues que l’on se demandait s’ils étaient bien réels. Par la suite, la femme avait continué la discussion toute seule pour entretenir la conversation qui serait certainement tombée sans cela. Elle devait sans l’ombre d’un doute avoir un meilleur entraînement que le mari. En tout cas, elle semblait être parfaitement à l’aise sur ce terrain. Ce devait être son terrain de prédilection. De temps à autre, l’un des malades laissait échapper quelques mots pour donner le change, puis l’ambiance retombait aussi rapidement qu’elle était venue.
Nous faisions face au bureau de l’infirmière et de là, faute de télé, nous l’observions tout à loisir. Pour changer un peu, j’avais entrepris un tour d’horizon. Plusieurs individus dont j’ignorais totalement l’identité, attendaient. J’étais arrivé sans prévenir et je les soupçonnais d’avoir fait comme moi. Mais je ne pourrais pas vous dire si mes soupçons étaient fondés. Pendant ce tour d’horizon, alors que j’étais toujours assis dans mon siège à roulettes, deux questions me vinrent à l’esprit :
Étaient-ils contagieux ? Aucune pancarte ne le précisait.
Celui-là va-t-il me prendre mon tour ?
Depuis que j’étais arrivé, un certain nombre d’individus étaient venu gonfler les rangs et tous ne procédaient pas de la même manière. Certains arrivaient, l’air hésitant à tel point qu’ils faisaient parfois demi-tour, pour revenir 2 minutes plus tard comme si de rien n’était. D’autres se présentaient, posaient leur valises et s’asseyaient pour se noyer dans la masse. Et une troisième catégorie fonçait droit sur le bureau de l’infirmière pour lui sortir comme par défi leur bon de consultation rose bonbon.
Voilà déjà un bon moment que j’attendais, et personne ne s’était préoccupé de ma présence, c’est pourquoi une vague inquiétude me gagna. Mais celle-ci restait vague, c’était comme une présence virtuelle.

Et puis, on dut se rappeler que j’étais là, car on vint me chercher. Je pénétrai à nouveau dans une pièce où je notai une légère progression dans l’espace disponible.
Je vis alors comme une apparition. Une jeune femme plus que charmante pénétra dans la place. Elle remarqua tout de suite l’objet de ma visite, mais prit néanmoins le temps de me demander un complément d’information. Je m’exécutai sans plus tarder en faisant appel à toutes mes mémoires que je m’empressai de mobiliser. Malgré ce prompt renfort, je rencontrai quelques difficultés pour rassembler les faits. Lors de cette manoeuvre je ne pus m’empêcher de regretter n’être qu’un humain. Ah, si j’avais été un ordinateur, j’aurais sans problème ressorti l’information avec les tendances météorologiques du moment pour re-situer le débat, en indiquant de surcroît tous les saints du jour. Malheureusement, je devais rester encore pour quelques années une créature humaine. Pour m’aider dans ma démarche, la jeune femme finit par me demander pourquoi je n’étais pas aller voir un spécialiste.
Pourquoi n’avais-je pas été voir un spécialiste plus tôt, je me le demande encore aujourd’hui !
Il faut vous dire que j’avais juste un médecin généraliste à la porte de chez moi et je n’avais pas pu m’empêcher d’abuser délibérément de cette facilité pour renouveler mes visites chez ce docteur à plusieurs reprises. C’en était devenu comme une drogue dont je n’arrivais plus à me défaire. J’étais complètement intoxiqué.
Pourtant, il fallait bien qu’un jour, cela cesse. Et ce jour-là était arrivé.
Mais, visiblement, j’avais trop tardé. Et ce jour-là, je sus également qu’il ne fallait pas toujours écouter son docteur. D’ailleurs, pourquoi avais-je écouté mon docteur lorsqu’il me disait de continuer le traitement. Qu’est-ce qui pouvait bien me pousser dans cette confiance aveugle. Encore une question sans réponse qui irait rejoindre le clan des laissés-pour-compte.
Je le sentais bien, on était en train de m’accuser de négligence médicale et sur ma propre personne. Je devais être relativement de bonne humeur, et sans doute que si ma visiteuse avait été vieille et moche ç’aurait été diffèrent. Toujours est-il que sans vraiment savoir pourquoi, j’étais prêt à tout lui pardonner.
J’avais du bien manoeuvrer, car elle fini par me proposer de rester quelque jours. Il m’apparut comme une évidence le fait d’accepter et je pense même que ça n’aurait pas été correct de refuser.
Et déjà, je m’imaginai nos rencontres, tous les matins après le petit déjeuner. Pour la remercier d’avoir pensé à m’accueillir, j’avais bien pensé l’inviter à tremper son croissant avec moi mais aurait-elle put attendre jusqu’à ce moment-là. Égoïstement, je me mis à rêver d’être aux petits soins (intensifs), de passer des nuits blanches en compagnie d’un joyeux compagnon de chambrée et avec lequel nous aurions échafaudé de fabuleux projets, redécouvrir les joies de l’existence grâce à la complicité bienveillante de l’infirmière de nuit, me faire faire un shampooing, engager de longues conversations à bâtons rompus sur l’existence, tout connaître sur l’univers hospitalier. Des petites choses toutes simples, mais qui réchauffent le cœur.
Tout à la joie de ses moments délectables, j’entreprit les démarches nécessaires, notamment, réquisitionner les divers accessoires indispensables qui permettent de respecter les règles d’hygiènes et aussi de sécurité encore en vigueur à l’heure actuelle. Je m’assurai sans problème le concours d’une baby-sitter pour le toutou qui allait quant à lui parfaitement bien et passai ma commande d’oranges pour les jours à venir. J’avisai les diverses personnes pour lesquelles mon absence allait provoquer une détresse morale profonde, voire, un état de manque caractérisé.
Et, c’est l’esprit complètement libéré que je me dirigeai vers mon destin. En fait, quand je dis « je me dirigeai, » j’exagère un peu, car j’étais toujours sous l’emprise de ma chaise à roulette.

Aussi, je me laissais diriger. Ce qui était un peu normal, puisque dorénavant, j’étais pris en charge.
Arrivé sur mon lieu de villégiature, on me fit les honneurs de l’infirmerie, où je pus saluer les infirmières et leurs complices attitrées, les aides-soignantes, dans la joie et le bonheur, mais également dans la douleur et dans la souffrance, jusqu’à ce que la fin de la journée les sépare. Après avoir subi avec succès mes premiers soins, je fus livré séance tenante dans la chambrée. Là, je pus enfin apprécier la qualité de la literie mais également la vue sur les toits d’où l’on pouvait observer une grande variété de cheminées, d’antennes et autres paraboles.
Pour mon arrivée, la climatisation avait été mise à fond : On avait ouvert en grand les deux fenêtres qui étaient généreusement disposées sur les murs de la pièce, qui en comptait quatre.
En plus du gîte et du couvert, on m’offrit en gage de sympathie sans doute, ma tenue de soirée qui me servirait également dans la journée, mais sans le nœud pap qui était en option. On me gratifia également du minimum vital, à savoir un gant et une serviette de toilette. Tout ça bien sûr dans le but d’être présentable devant les infirmières.
Quelqu’un me demanda quel régime je suivais. Je dû lui avouer, à mon grand regret, que je n’en suivais aucun, même de loin. A mon grand regret, car je suis sûr qu’il se serait fait un plaisir de m’en concocter un, exprès pour moi. Et par-dessus le marché, je lui annonçai que je mangeais de tout.
Je sentis comme une vague d’amertume l’envahir et gagner tout l’hôpital. Je les entendais tous, autour de moi, penser dans leur tête. Un client presque en bonne santé, mais qu’est-ce qu’il vient faire là. C’est peut-être un Gaud et Millau des hôpitaux.
Lorsque l’on m’apporta mon plateau-repas, je n’avais toujours pas vu le menu. Peut-être s’agissait-il d’un problème de timidité. Toujours est-il que par la suite, nous n’aurons jamais l’honneur d’être présentés.
Et, c’est plusieurs fois par jour, matin, midi et soir que je redécouvris avec d’autant plus de surprise, le contenu de mes repas. Lors de notre première rencontre, j’eus tout le loisir de manger une purée sans sel. C’était une purée tout ce qu’il y a de plus ordinaire, une masse compacte, légèrement jaunâtre posée à même le fond de la coupelle et attendant bêtement d’être mangée, car totalement dépourvue d’imagination culinaire.
Je me mis à envisager plusieurs scénarios, en particulier que je m’étais mal exprimé, des fois, quand on est malade on ne sait pas toujours ce que l’on dit. En fait il n’en était rien. Il aurait suffit que je demande le sel et on m’en aurait donné. Mais, comme il s’agissait d’une denrée rare dans le secteur, il fallait que je fasse une demande 24 H à l’avance. On s’était donc bien gardé de me faire part de ce détail pour ne pas me mettre dans l’embarras.
Je fus d’ailleurs avisé de cette particularité le jour suivant et vraiment par hasard. Le hasard voulait-il se mettre de la partie ? Moi, personnellement je n’avais rien contre, du moment qu’il était prêt à bien faire les choses. C’est donc avec 72 H de retard que le sel arriva. Cette attente ne fit que piquer au vif mes glandes salivaires et par la suite, je ne pus qu’apprécier davantage son incomparable saveur.
Il en fut tout autrement pour le téléphone qui quant à lui était parfaitement visible. Pourtant et malgré mon insistance j’en fus privé dés mon arrivée. On me soutint contre vents et marées qu’il m’était impossible de téléphoner de la chambre.
Or, au bout de 3 jours je pus lire une affichette qui avait réussi à tromper la vigilance du personnel depuis des années semble-t-il et qui donnait gracieusement la marche à suivre. Malgré tout, dans un grand esprit de solidarité, je décidai de renoncer à ce privilège afin de réaliser de substantielles économies de communication (la communication est parfois si difficile à établir, autant la préserver).

Le jour de mon arrivée, j’avais pu observer un ravissant petit poste de télé. Il se tenait fièrement posé sur son pied à roulette. Ainsi, on pouvait l’emmener là où on voulait et même dans le couloir si on avait voulu. Mais, le fil n’était pas assez long, alors, il se contentait de regarder par la fenêtre.
On le voyait bien, ce charmant petit poste ne demandait qu’à s’allumer et à diffuser ses programmes sans jamais faiblir. Pour se faire, il était nécessaire d’avoir une télécommande. Remarquez, pour un poste de télé, une télécommande, ça tombe sous le sens. Fort judicieusement, un numéro à appeler en cas de besoin, avait été indiqué sur ce tout jeune poste.
Je m’empressai de composer ce numéro sur le téléphone que l’on m’avait gracieusement installé près du lit. Le répondeur qui était à l’autre bout du fil me fit sa déclaration.
- « Déclinez vos nom, prénom, âge et qualité, ainsi que votre adresse et dites l’objet de votre demande ».
Sur le moment, je me suis dit que je n’appelais pas pour qu’on prenne le café, encore que je n’avais rien contre. Mais il est vrai que certains pourraient avoir des exigences particulières. Par exemple, un poste de télé si grand qu’il lui faudrait plusieurs pieds pour se déplacer sans pour cela se mettre à courir. Ou encore, un programme qui serait déplorable, voire, une panne d’émetteur ou une image qui aurait perdu toutes ses couleurs. En tous cas, pour ce qui était de l’adresse, ça tombait bien, j’en avais une toute nouvelle. Et toutes les heures qui suivirent, je me lamentai de voir se poste sans couleur. Au lever du jour, je décidai de renouveler mon appel, non pas dans l’espoir d’avoir un deuxième poste, mais pour préciser la situation. Je fis part de mon désespoir au répondeur qui ne prit même pas la peine de me répondre, bien que j’y ai mis toutes les formes, et notamment que je m’en voudrais à mort si on se fâchait pour une histoire de poste qui se faisait pourtant appeler désiré.
Quelques heures plus tard, je vis arriver ma télécommande en compagnie d’une dame en blouse blanche. Je tiens à souligner, à ce propos, que la plupart des membres du personnel portaient une blouse blanche. Cela devait faciliter le réapprovisionnement et en plus, éviter les problèmes de lessive qui ne respecte pas toujours les couleurs.
Lorsque je fus en possession de la télécommande, je me jetais à corps perdu sur ses boutons en zappant joyeusement jusque tard dans la nuit. Cette opération se renouvela le jour suivant. Mais, sans doute parce qu’il ne faut jamais abuser des bonnes choses, je dus ralentir le rythme.
Un tout jeune homme de 90 ans venait en effet de s’installer. Ah, si j’avais pu deviner un seul instant ce qui m’attendait, j’aurais troqué mon poste de télé contre un studio d’enregistrement. La première chose qu’il me demanda, ce fut si je n’étais pas trop malade. Sans doute espérait-il tomber sur quelqu’un en bonne santé, ou, à la rigueur, de bien portant. En fait, ce qui le préoccupait c’était de savoir si j’étais en parfait état de marche. A mon corps défendant, je correspondais sensiblement aux critères prédéfinis. Et si j’avais pas été obligé de venir à l’hôpital, j’y correspondrais à cent pour cent. A la suite de quoi il se mit à me raconter sa vie.
Le plus intéressant dans notre conversation, c’est que je n’avais guère besoin d’intervenir. Statistiquement parlant, je lui allouai généreusement 90 % du temps de parole. En fait, lorsqu’il ne me parlait pas, c’était lorsqu’il s’adressait aux infirmières et lorsqu’il dormait.
Ce système remplaça avantageusement la télé qui comporte encore une dose d’effets secondaires pas toujours bien établis. Alors, hormis le fait que l’on aime ou pas le programme, c’était tout bénéfice.
A plusieurs reprises, j’eus l’occasion d’entrer en contact avec le personnel de l’hôpital. Plusieurs personnes retinrent mon attention.
L’une d’elle me rappela le titre d’un film qui hantera mes mémoires jusqu’à la fin.

Ce film c’est  » la mégère apprivoisée  » sauf que là c’était  » la mégère tout court « . Justement, ça se passa le lendemain de mon arrivée. Comme ça, on savait à quoi s’en tenir dés le début.
Je sortais d’une opération des plus délicates réalisée avec brio grâce aux bons soins de mon interne préférée, la jeune femme qui m’avait si généreusement invité. Pour cette occasion, je m’étais mis les pieds entièrement nus. Et j’osais à peine les recouvrir, lorsqu’on me héla pour parachever mes soins. Les travaux de finition quoi ! On m’offrait un bain de pieds.
Comme je n’étais pas très au fait des pratiques du service, je demandai bêtement à la personne qui m’avait hélé de quelle façon je pourrais m’y rendre. Celle-ci m’expliqua que je devais y aller par mes propres moyens et qu’il n’était pas dans ses intentions de me porter. J’avoue que sur le moment je n’y avais pas pensé, mais on ne peut pas penser à tout. Heureusement qu’elle était là pour me le rappeler. Je lui signalai ma situation, notamment que j’avais toute une enfilade de couloirs à parcourir. Comme je venais d’arriver, je manquais un peu d’entraînement et j’ignorais si je tiendrais la distance.
Pour ce qui était du trajet, il semblait évident que ça n’était pas son problème. On peut même imaginer qu’elle n’était pas payée pour ça. Le soutien des malades en détresse, c’était pas son truc. Et avec le temps, j’ai acquis l’intime conviction que ça n’était pas les malades qui étaient en détresse, mais bien elle. Elle me conseilla de mettre des chaussons. Or, depuis ma position, je n’en apercevais même pas la queue d’un.
En plus d’un sens de la répartie redoutable, elle devait également posséder une acuité visuelle hors du commun, car elle repéra tout de suite l’objet de ma convoitise. Moi qui avais acquis l’intime conviction d’être totalement dépourvu de ces accessoires que l’on appelle chaussons, je fus bien attrapé. C’est donc tout dépité que je me rendis à mon bain de pieds.
Déjà bien handicapé, j’en avais maintenant gros sur la patate. Tout cela devenait bien trop lourd à porter pour moi. Alors, je décidais d’y aller en 2 étapes.
En arrivant, bien évidemment, on n’attendait plus que moi. Tout de suite, je me sentis beaucoup mieux. Ah, savoir qu’il y avait des personnes que je connaissais à peine et qui ne me connaissaient guère plus sinon au travers d’une feuille de température, que ces personnes et moi-même étions quasiment de parfaits inconnus, et pourtant que ces personnes-là m’attendaient. Il y avait vraiment de quoi vous faire chaud au cœur. Oh, bien sûr, ça faisait une heure qu’ils m’attendaient et ils n’avaient pas que ça à faire, mais c’était l’intention qui comptait.
C’est vrai, après m’avoir collé les pieds dans la bassine et le cul sur une chaise, ils me laissèrent tomber comme une vieille chaussette. Et comme je n’avais pas de joujou à faire flotter sur l’eau entre les bulles de savon (dermo-protecteur). Je me mis à tapoter gaiement à la surface du liquide, éclaboussant tout sur le passage. Au bout d’un moment, il n’y eut plus d’eau dans la bassine. Alors, on vint me libérer On me sécha rapidement quoi que ça n’était pas bien nécessaire et l’on mit la moitié du tube de pommade sur un pied et l’autre moitié sur le deuxième. Heureusement que je n’avais pas trois pieds. Partager en trois, c’est moins évident. Pour faire tenir le tout, on m’emballa les pieds séparément et avec une triple épaisseur pour éviter les fuites. Comme ça, j’étais bien calé dans mes chaussons. De nouveau, on me laissa tomber comme une vieille chaussette, alors, n’ayant rien d’autre à faire je m’attaquai au chemin du retour.
Au cours de mon séjour, j’ai rencontré des choses étonnantes, et notamment des gens qui avaient le sourire, en particulier une jeune stagiaire. Mais peut-être venait-elle de le découvrir ou de le redécouvrir. J’ai quand même du mal à le croire, car elle le pratiquait avec une telle aisance, une telle facilité, que l’on voyait bien qu’elle l’avait exercé toute sa vie. En plus, elle était si jeune.
Et son sourire qui atteignait alors sa plénitude, éclatait au grand jour.

Oui, un sourire comme ça, cela ne pouvait s’expliquer que par son jeune âge. Avec le temps, on devient moins alerte. Pourtant, elle semblait avoir destiné sa vie aux petits vieux, sans doute pour être sûre de rester la meilleure dans sa catégorie.
En dehors de son sourire, elle avait également de la conversation, et j’en profitai largement pour me changer des propos de mon compagnon de chambrée. Loin de moi, l’idée de trouver sa conversation ennuyeuse mais plutôt pour en apprécier tout l’intérêt.
La vie dans un hôpital, ça ne se passe pas seulement dans les chambres ou les salles de soins. Si vous vous attardez quelques minutes dans les couloirs, vous remarquerez très vite des individus assez simplement vêtus, qui déambulent apparemment sans but précis. En fait, il s’agit de malades qui sortent de temps en temps de leurs chambres pour éviter de sentir le renfermé. De plus, les animaux n’étant pas admis dans l’établissement, même dans les couloirs, il n’est pas rare de voir un patient promener sa perfusion en laisse. On en a même entendus qui se retrouvaient pour prendre des nouvelles de l’animal. J’y ai même rencontré des buveurs de café qui taillaient une bavette en fumant une cigarette juste sous les détecteurs de fumée pour en vérifier le bon fonctionnement.

Lorsque la nuit paraît,
une nouvelle infirmière apparaît
et dans la chaleur de la nuit,
elle passe de temps en temps,
pour rompre l’ennui.

Et on parla de la famille pour savoir si elle était nombreuse et dans quelle tranche d’âge. Sans doute dans l’espoir inavoué d’établir une pyramide qui tiendrait la route.
On parla du travail, du travail de nuit dont on n’en voit pas le jour. Et on parla des autres. Il faut toujours parler des autres, ça montre qu’on pense à eux.
Et comme ça, on aurait pu parler pendant des heures, si on avait pu s’allonger sur le lit, côte à côte tout en contemplant la nuit étoilée par un coin de fenêtre qui aurait bien voulu se prêter au jeu. Mais, il fallait être raisonnable et en laisser pour les autres. Alors, on laissa de côté le coin de fenêtre, pour se concentrer sur le changement de perfusion.
Je me souviens du premier jour. On se souvient toujours du premier jour. Ce jour-là, l’infirmière cherchait la veine. Et je ne sais trop pourquoi, j’étais légèrement tendu. Pourtant, à ce moment-là, il n’y avait aucun suspens à en attendre, il fallait juste trouver la veine. L’infirmière s’y reprit à plusieurs fois sans réel succès.
Elle me dit :  » Je vous sens tendu ».
Je m’étais assez curieusement fait la même remarque au même instant. C’était probablement dû à l’ambiance qui favorisait ce genre de propos.
Pour parvenir à ses fins, elle prétendit que je n’avais pas de veine. Je m’abstins de tout commentaire, de peur d’aggraver la situation. Mais, je sentais bien qu’elle avait envie de partager ses problèmes.
Pour délimiter la zone d’intervention, elle fit appel à un rasoir (elle aurait peut-être dû prendre un sonar). Ne voyant toujours pas la veine venir, elle choisit un autre territoire. Finalement, une veine se dévoua pour venir à la rencontre de l’aiguille. Il avait du y avoir une concertation pour que l’une d’entre elles se sacrifie pour la cause.
Et bientôt, je sentis le liquide, bienfaisant qu’ils disaient, couler dans la veine et même un peu plus loin.

On m’avait bien prévenu, lorsque le flacon serait presque vide, je devrais appeler. Ça, c’était pour impliquer le malade dans le processus de guérison. Mais à aucun moment, il n’a été question que je débranche le tuyau. Or, à l’instant tant attendu, j’appuyai sur le bouton prévu à cet effet.
Apparemment, cela ne produisit aucun effet. Et dans la demi-heure qui suivie je ne constatai aucun mouvement de personnel. Aussi, je pris l’initiative de sonner à nouveau. Comme ma sœur Anne, je ne voyais toujours rien venir, j’appuyai une troisième fois en me promettant de prévenir police-secours à la prochaine intervention.
Ils avaient dû lire dans mes pensées et peut-être que la sonnette était en panne les deux premières fois, car du monde fini par arriver. En fait, la transmission ne devait pas être parfaite, car on me demanda ce que je voulais. Une nouvelle fois, je ressentis des sentiments très forts s’échanger entre nous.
- « Qu’est que vous voulez ? »
Je n’étais pas trop exigeant, si j’avais pu avoir la notice explicative, j’aurais pu m’en sortir tout seul. Ils ne l’avaient pas sur eux, les infirmières se la gardaient jalousement. On promit de s’occuper de moi dés que possible. On ajouta, pour me rassurer, que je pouvais bien attendre encore un peu.
C’est vrai, je n’avais rien d’autre à faire, qu’à attendre. J’étais, ce jour-là, complètement seul au monde, je n’avais donc pas d’horaire à respecter. Je n’avais pas encore ma télécommande et le lit d’à-côté restait désespérément vide.
J’avais bien eu la visite d’entretien dans la matinée, mais ce fut plutôt un coup de balai en coup de vent, sans doute pour aérer. Ces dames ne voulaient pas trop déranger, des fois que notre conversation eût aggravé mon cas. Imaginez que ce soit le cas, j’aurais pu porter plainte, pour non-assistance à personne en état de converser. Parfois, le personnel ne respectait pas les consignes, il prenait le temps de bavarder, mais c’était souvent chronométré.
J’avais à peine fini de digérer le petit déjeuner que déjà, le goûter arrivait. Ils appelaient ça « un encas ». Et en cas de quoi, en cas où le plat de c’midi ne m’aurait pas plu. En fait, c’était plutôt un encas où vous n’auriez rien d’autre à faire, pour rompre un peu la monotonie. C’était d’ailleurs assez étonnant, il semblait plutôt s’agir d’un encas service minimum.
On avait un récipient destiné à retenir le liquide et une cuillère pour remuer le sucre contenu dans un sachet. Et juste à côté trônaient trois petits gâteaux secs bien enveloppés. Pour le liquide, on avait le choix. Alors, j’avais choisi du thé. Selon la tradition, il fallait le faire infuser puis, le retirer au moment favorable. Par contre, rien n’avait été prévu pour mettre le sachet usagé, par conséquent, je le déposais où je pouvais. Moi, j’avais décidé de le mettre sur la table. Bien sûr, j’aurais pu le mettre dans la poubelle, mais à chaque fois celle-ci était à l’autre bout de la pièce. Et comme je n’avais pas apporté d’essoreuse à thé, je préférais ne pas le trimbaler. Vous me direz, j’aurais pu rapprocher la poubelle, mais cette idée ne m’a pas effleuré pendant tout mon séjour. Quand on est malade, tout fonctionne au ralenti et des fois, c’est tellement lent que ça ne démarre même pas.
J’étais alors comme tant d’autres fois en train de faire trempette dans le local des infirmières (et quand je dis le local des infirmières, c’est juste parce qu’elles y régnaient en terrain conquis car à priori, c’était d’abord une salle de soins). J’étais donc dans le dit local pour y exercer ma séance quotidienne de bains de pieds. Et de là, je pouvais entendre tout à loisir les conversations médicales et celles qui le sont moins. Mais, ô combien il était vrai que celles-ci s’imbriquaient intimement, comme victimes d’une incroyable force d’attraction.

Inlassablement, le chef donnait ses instructions et inlassablement le personnel en discutait pour aboutir à une décision collégiale.
Les échanges en étaient vigoureux, les propos directs, les sentiments empreints de sincérité. Et tout cela donnait à la conversation beaucoup de fraîcheur et de vie. On en ressortait forcément emballé. Moi-même j’étais prêt à revenir, quitte à verser un supplément.
Lors de mes repas quotidiens, je ne ratais pas une occasion pour rencontrer l’aide-soignante au sourire intérieur, un sourire intérieur tellement enfoncé profondément qu’on se demandait s’il ressortirait un jour. Mais, au fond d’elle-même, elle avait grand cœur.
Sur les recommandations du docteur chargé de ma remise en état, je devais adopter la position allongée. Moi, je n’avais rien contre. Il avait même ajouté, pour manger, ce serait bien d’adopter la même attitude. Alors moi, je restais dans mon lit, bien peinard.
Ma gentille dame, au sourire absent mais au cœur d’or, mon plateau à la main, franchit le seuil de la porte sans frapper. J’avais donné des consignes en se sens. De toute façon, elle aurait passé outre. Et en admettant qu’elle frappe, elle n’aurait certainement pas attendu que je lui dise d’entrer. Mais il est de notoriété publique que les patients qui vivent à l’hôpital sont toujours prêts à vous accueillir. D’ailleurs, tous, nous regrettons qu’il y ait si peu de places assises dans les chambres.
Ma gentille dame, toujours sans sourire ou alors, peut-être le gardait-elle bien au chaud à l’intérieur pour être sûr de ne pas le perdre, cette personne bien prudente m’apercevant sur ma couche me proposa d’autorité une place assise sur la seule table de la chambre. Je m’empressais de la remercier vivement en déclinant son offre généreuse et lui précisait ma position qui m’obligeait à la maintenir. Elle me fit alors comprendre que de toute façon le plateau resterait sur la table, que mes lubies devaient très certainement être dues à des caprices. Puis elle me laissa planté là afin d’éviter que la discussion ne s’éternise. Ce qui en un sens était assez judicieux si je ne voulais pas manger froid. Encore une preuve de son bon cœur. Je me rendis donc à ses quatre volontés. Les volontés, ça marche toujours par quatre et là, on devait déjà en être à cinq ou six.
Durant mon séjour, j’eus la chance de partager ma salle de bain avec mon compagnon de chambrée. Malheureusement, celle-ci ne possédait pas de douche, un oubli lors de la construction. Alors, je m’enquis auprès du personnel pour savoir si l’on avait oublié partout. Compte tenu de mon état, il était exclu d’envisager le jacousie on me proposa néanmoins une solution de secours, une sorte de siège avec douchette incorporé.
Au premier abord, c’était plutôt cet accessoire étrange qui semblait avoir plus besoin que moi d’un bon bain. Mais j’avais tout autour de moi des experts en asepsie alors je pris sur moi et me voilà nu comme un ver. Sauf que lui, le ver, n’avait pas l’infirmière commise d’office devant lui. J’avais donc une double répulsion à vaincre, mais c’était juste un mauvais moment à passer, d’ailleurs selon la coutume du service, après m’être fait shampooiner je fus laissé à moi-même, car on me fit entièrement confiance pour le reste des opérations.
Comme tout bon malade, je fis ma petite poussée de fièvre. On me confia donc un thermomètre pour bien surveiller la chose afin de ne pas laisser déborder la ligne en dehors de la feuille de température. Moi, j’ai toujours pris ma température selon la bonne vieille recette de grand-mère. Je n’étais pas sans ignorer non plus qu’il existe d’autres méthodes. Mais ce que je méconnaissais c’était la technique du biberonnage.
Cette technique consiste a se faire enfourné le thermomètre dans la bouche par l’infirmière de service qui le maintien pour être sûr qu’on ne l’avale pas.

Cette méthode, qui à du être inventée par une aide soignante contrainte de quitter la maternité pour cause de baisse de natalité, présente l’avantage de garder le contact avec son infirmière. Je conserve néanmoins un petit regret, que mon infirmière n’ait pas eu toujours le look super-nounou.
Et puis le grand jour arriva. Celui où on me fit savoir que j’étais apte à retourner dans le grand monde. J’avais bien songé organiser un pot d’adieu pour marquer le coup, mais à l’évidence, si je voulais que tout le monde vienne, il aurait fallu que ça dure toute la journée en empiétant également sur la nuit.
J’avais espéré que le jour de mon départ soit marqué par quelques mouchoirs qui s’agitent sur le quai, mais j’avais dû me tromper de film, car ce jour-là, je me suis même demandé si j’avais le droit de partir. Si j’étais resté, est-ce que quelqu’un s’en serait aperçu ?
A un moment donné, je me suis décidé à partir. Je pensais, malgré tout, serrer quelques mains plutôt que de partir comme un voleur. Mais je ne vis guère âme qui vive. Pourtant, on ne n’avait signalé aucun décès.
Je ne sais trop comment, je me retrouvai au guichet des sorties, qui se situait d’ailleurs juste à côté de celui des admissions au cas ou il s’agirait d’un faux départ. On me précisa que je n’avais rien à payer. Enfin une bonne nouvelle !
Alors, c’est d’un pas léger et l’ordonnance du docteur en main que je me dirigeai droit vers la pharmacie la plus proche.
En pénétrant dans cet édifice, j’exhibai fièrement la dite ordonnance. Je venais d’un centre si hospitalier, l’ordonnance en était la preuve et j’en étais sorti. Comme quoi, c’était possible de s’en sortir. Et en posant mon ordonnance d’une façon ostentatoire bien en face du pharmacien, j’espérais au moins une marque d’admiration devant cette remarquable performance.
Le pharmacien ne broncha pas. Il en avait vu d’autres. Vu comme il était placé, face à l’hôpital. Il était assuré d’avoir la clientèle la plus mal en point de tout le marché. De grosses commandes en perspectives.
Lorsqu’il m’apporta ma commande, il me décocha l’un de ses sourires des jours de soldes, celui des petites commandes, celles qui ne dépassent pas 100 balles. Et que l’on paye en liquide pour pas en perdre une miette.
D’instinct, je sus tout de suite que s’était un sourire commercial sans envergure. La preuve, si on avait put le toucher, on aurait tout de suite constaté qu’il manquait de chaleur humaine. Bah… il savait que j’allais repartir, ne jamais revenir … sans doute a-t-il voulu me montrer sas déception …

fin

Written on janvier 25th, 2009 , Raconte-nous une histoire

Une petite histoire … C’est aussi une rediffusion … pour ceux si la connaisse

Fly, la petite fille-papillon

Il était une fois,
Parce qu’il faut bien une première fois
Et même si ce n’était pas la première,
Qu’est-ce que ça peut faire !

Il était une fois, donc, une petite fille qui était très malheureuse.
Pensée donc, elle venait de laisser tomber son doudou pour la 150ème fois.
Et, sa maman qui était beaucoup plus âgée qu’elle, commençait à fatiguer.
Le doudou avait été rangé dans le sac de maman.
Que les mamans sont parfois cruelles !

En regardant cette petite fille désespérée, je sorti mon paquet de kleenex. Et, j’aurais certainement pu me contenter de me moucher, pour me joindre à tant de tristesse. Non, je fis cette chose incroyable, je lui tendis tout le paquet !
Dieu merci, il était tout neuf, et la petite fille, très, très malheureuse.

Avant que le paquet ne soit complètement vide, je lui dis:

Veut-tu que je te raconte une histoire ?

La petite fille, fit oui de la tête, tout en essuyant ces larmes.

Alors, je commençais à lui raconter.

Il était une fois (2ème) une petite fille qui était très, très jolie, surtout lorsqu’elle ne pleurait pas. On aurait dit une petite princesse. Et sa poussette était comme son carrosse. En fait, en y regardant de plus près, elle me faisait penser à un joli papillon.

Pour l’heure, le papillon avait replié ses ailes, car de toute façon, dehors il pleuvait. Autant rester dans son carrosse, bien à l’abris. Quelle idée d’aller mouiller ses ailes avec un temps pareil.

La si jolie petite fille c’était endormi. Et dans son sommeil, elle s’était mise à rêver.
Elle rêvait qu’elle avait déployé ses ailes et qu’elle volait au-dessus des maisons et des champs.
Elle papillonnait de fleurs en fleurs pour dire bonjour à ces amis les grillons,
Faisait la course avec les sauterelles et surtout donnait des bisous à toutes les coccinelles.
Cette petite fille-papillon était amoureuse des coccinelles, elle adorait leur tenu à petits pois.

Alors qu’elle arrivait au dessus d’un champs de coquelicots, elle cru avoir trouvé une colonie de ses petites amis. Mais, elle n’eu pas le temps de faire des bisous, je suis pourtant sûr que les coquelicots auraient aimé. Elle se retrouva dans les nuages, grâce à un coup de vent qui passait par là.
En quelques coups d’ailes, la petite fille-papillon arriva au-dessus des nuages. Là, elle rencontra les Bisounours en train de faire la popote. Donc, il était bientôt midi. Comme le temps passe vite.
Au menu, il y avait :
Cœur d’artichauts, hamburger srites pour faire plaisir a notre petite fille-papillon, et barbe à papa au dessert. À la fin du repas, après avoir fait son petit rot, la petite fille pris un verre de nuage qu’on lui tendait. Et toute en sirotant cette boisson locale, elle demanda aux Bisounours, si par hasard, ils n’auraient pas vue son  doudou.
Tous les Bisounours répondirent en cœur qu’ils ne l’avaient pas vu, mais que s’il mettait la main sur le doudou, ils le lui renverraient par nuage express.

La petite fille-papillon regarda vers le ciel, elle vit la lune toute proche qui lui souriait. Elle décida d’aller lui rendre visite.

Alors, les Bisounours soufflèrent en cœur sur la petite fille-papillon pour lui faciliter son décollage vers la lune. Grâce à ce précieux concours, elle atteignit rapidement la lune qui souriait toujours.

« Bonjour, Madame la lune ».
« Bonjour, petit papillon ».
« Je ne suis pas un papillon, je suis une petite fille ».
« Pardon, petite fille, en voyant tes ailes, j’ai cru voir arriver un papillon. J’avais la terre dans l’œil et ça m’a éblouie ».
« Madame la lune, depuis que je suis sortie de mon nuage, je vous vois sourire, est-ce parce que je viens vous voir ».
« Ta venu me fait bien plaisir, je n’ai pas souvent de visite. Mais, figure-toi que depuis quelque temps, j’ai quelque chose qui me chatouille dans le dos et je ne peux pas me gratter. Alors, si tu pouvais frotter tes ailes dans mon dos, ça me rendrait un grand service ».
La petite fille-papillon fit le tour de madame la lune. Ce qui lui pris pas mal de temps, car arrivé dans le dos de la lune, il faisait plutôt sombre.
À tâtons, elle tâta le dos de la lune jusqu’au point de chatouille en se faisant guider par la voix de Madame la lune.
Après l’avoir gratouillé un long moment, car la chatouille était bien installée, la petite fille-papillon fini par la déloger. Toute de suite, Madame la lune eu un soupir de soulagement.

Et depuis ce temps là, madame la lune à un sourire beaucoup plus naturel.

La petite fille était trop contente d’avoir rendu service à Madame la lune, elle en oublia son doudou.
« Madame la lune, c’est quoi cette planète, avec ces jolies anneaux tout autour ? »
« C’est saturne, tu voudrais y aller. C’est un peut loin, mais tu as de la chance. Dans 5 mn, il y a la comète de 15h00. Le transport est gratuit pour les papillons et les petites filles ».
En l’espace d’un instant, elle était déjà  sur place. Mais, après tout ce gratouillage sur le dos de madame la lune, la petite fille papillon était bien fatiguée. Elle s’était assise sur un anneau et de là elle pouvait admirer le paysage. Derrière elle, il y avait la lune et son sourire naturel, bien sûr, mais aussi un peu plus loin derrière les nuages des Bisounours, la planète toute bleue, la terre. Et tout autour, tout plein d’étoiles. Mais juste devant elle, se tenait une maison aux couleurs de sables et de terre brunes.

Saturne qui sortait juste de sa sieste, fut bien surpris d’apercevoir une petite fille, tranquillement assise sur l’un de ses anneaux. Mais, comme il était à peine réveillé, il la prit pour un papillon.

«  Bonjour monsieur saturne, ça tourne pas encore tout à fait rond, dirait-on ? »
« Bonjour, petit papillon, qu’est-ce qui ce passe ? » dit Saturne en se frottant les yeux.
«  Y  a-t-il un anneau qui c’est mis de travers ? »

La petite fille-papillon répondit en riant :
« Non, Monsieur Saturne, on dirait que je vous réveille, désolé. Et d’abord, je suis une petite fille ! ».
« Tu as raison, j’ai le réveil difficile. On ne vient me voir que de temps en temps. Pour te remercier de ta visite, je vais te faire un cadeau ».
Tu vois, tout ces anneaux autour de ma maison, je vais t’en offrir un. Le quel veux-tu, je te le donne ! »
« Mais, ils sont bien trop grands, je ne vais pas pouvoir l’emporter, même si je prends le plus petit ».
« Ne t’inquiète pas pour ça, et montre moi lequel tu veux ».
Elle choisi l’anneau qu’elle préférait, et instantanément, l’anneau se posa autour de son doigt.
« Monsieur Saturne, je vous remercie beaucoup, mais je dois partir, j’ai encore de la route à faire ».
« Alors, à la prochaine, petite fille-papillon ».

Voyant une étoile filante qui faisait sa route, bien tranquille, la petite fille-papillon lui fit signe. L’étoile filante se dirigea vers elle.
« Veux-tu m’emmener voir le monde ?» lui demanda-t-elle
« Monte, petite file et accroche-toi à ma crinière de lumière. Surtout, replis tes ailes ! »
La petite fille grimpa sur l’étoile filante, replia ses ailes, et attacha sa ceinture.
Au bout de quelques minutes, elle vit une toute petite planète.
« Étoile filante, c’est là que je veux descendre ».
L’étoile filante là déposa en douceur sur l’aire d’atterrissage. Elle fut accueillit par un étrange animal, guère plus grand qu‘elle.
Cet animal lui faisait un peu peur, mais il avait lui aussi des ailes, et cela la rassura. De plus, l’animal lui souriait. L’étoile filante l’aurait prévenus s’il y avait eu du danger.
« Bonjour,  petite fille-papillon, je suis le dragon de cette petite planète. Je t’attendais ».
La petite fille était très étonnée.
« Tu me connais, alors ? »
« Bien sûr, je connais tous le monde dans cet univers, les hommes, les petites filles papillon, les coccinelles…enfin, tous ceux qui vivent ».

« Mais, comment fais-tu ? » dit-elle, très surpris.
« C’est simple, je lis dans les pensées ».

« Et que pensent-ils, tous les gens ».
«  Et bien toi, je sais que tu pleures quand tu n’as plus ton doudou. Pourtant, ta maman te le rends toujours »
« Oui, mais ça me fait de la peine ».
« Je sais, mais après tu es contente de le retrouver ».
« Oh oui ! Mais tu ne m’as pas dit ce que pensaient les autres gens ».
Le dragon lui répondit.
« Les gens ont oublié d’aimer »
« Je ne comprends pas » dit la petite fille.
« Les gens ne sont jamais contents. Ils passent leur temps à se battre, à se bagarrer. Alors que ça serait tellement plus agréable s’ils s’aimaient ».
« Ça, c’est vrai » dit la petite fille.
« Des fois, je voudrais bien jouer avec les autres, mais quelqu’un me bouscule pour m’empêcher de m’amuser et je suis obligé de rester dans mon coin ».
« D’autres fois, c’est papa qui dit des gros mots dans la voiture et maman n’est pas contente. Ils se mettent à crier tous les deux. Alors, je pleure. Ils s’arrêtent de crier, mais après, c’est moi qui n’est pas contente ».
« Et ton papa dit des gros mots, parce que les autres ne savent pas conduire ? »
« C’est exactement ça ! » dit la petite fille papillon.
« As-tu remarquer dans les bus, comme les gens sont triste. Ils ne se parlent même pas. Alors, quand ils se bousculent, il ne se disent pas pardon ».
« Tu vois, petite fille-papillon, si les gens pouvaient sourire, ils passeraient moins de temps à se plaindre ».

« Alors, je vais toujours sourire » dit la petite fille-papillon.
« Je dois te dire aussi que les gens voient le mal partout, même quand il n’existe pas ».
« A bon ? Peux-tu m’expliquer petit dragon ! »
«  Et bien vois-tu, les gens disent du mal sur des personnes qu’ils ne connaissent même pas ! Et, dés qu’ils voient quelqu’un qui n’est pas beau, ils s’imaginent tout de suite que cette personne est méchante ».
« Regarde-moi, petite fille, je suis plutôt laid et repoussant. Si j’allais sur terre, ils m’enfermeraient dans une boite »
.

La petite fille-papillon était toute triste en entendant ces mots. Le petit dragon s’approcha tout près d’elle, et lui dit :
« Ne sois pas triste, je les aimes bien tous ces gens. Ils ont juste oublié le temps où ils étaient des petits papillon comme toi »
« Petite fille-papillon, ils faut que tu réapprennes à tout ces gens comment il faut sourire »
.
«  Et comment veux-tu que j’y arrive toute seule » dit la petite fille-papillon.
« C’est très simple, avec ton sourire ! Il faut que tu saches une chose, petite fille, le sourire, c’est comme le rire, il est contagieux. Ils sont d’ailleurs de la même famille ».
« Ça veux dire quoi, contagieux ? »
« Imagines que tu plantes une petite graine dans la terre, elle va pousser pour donner une plante avec des fleurs. Dans ces fleurs, il y a pleine de graines qui vont pousser pour donner d’autres fleurs. Et bientôt, tu aura tout un champs de fleurs ».
« Donc, petit dragon, tu veux que je sois la petite graine de sourire ».
« C’est exactement ça ! » dit le petit dragon.
« Merci, petit dragon, je vais te montrer comment je sais bien sourire quand je serais sur terre ».
La petite fille-papillon qui n’était plus du tout triste remercia le petit dragon.

Avant de s’embarquer dans une fusée qui passait par là, elle se retourna vers le petit dragon pour lui envoyer son plus beau bisou.

Le voyage qu’elle avait à faire dans la fusée serait encore long. Elle fit une petite sieste.
À son réveil, elle regarda par le hublot et aperçu une étoile qui clignotait.  Elle décida d’aller voir ce qui se passait. Et, plus elle avançait vers cette étoile, plus il faisait sombre.
Arrivé à la porte de l’étoile, elle toqua 3 fois, comme il est de coutume. La porte s’ouvrit lentement pour laisser apparaître une autre petite fille.
« Bonjour, petite fille papillon. Comment t’appel-tu ? Moi, c’est Alice, l’étoile Alice ».
C’est vrai que jusqu’à présent, personne ne lui avait posé la question. Elle réfléchie un instant car après ce long voyage, elle était un peu perdu dans ses pensées. Puis elle dit :
«Fly, Fly in the Sky, de la grande famille Butterfly, mais tu peut m’appeler Fly ».
«  Alors, entre Fly, et ne fait pas attention à la façon dont je range, c’est mon monde à moi !»
C’est vrai, qu’en entrant, Fly trouva l’intérieur d’Alice très bizarre, et un peu sombre. Elle en fit la remarque à Alice.
Alice, la bonne petite étoile lui répondit :
« Depuis quelques temps, toutes mes lampes s’éteignent les unes après les autres. Elles grillent.
Et je ne retrouve pas ma boite d’ampoules. Je me dis toujours qu’il faudrait que j’aille au supermarché, mais je n’ai pas envie. C’est pas ma tasse de thé ».

Fly lui dit :
« Si tu veux, à deux on pourra plus facilement la retrouver ».
« D’accord » dit Alice.
Après plusieurs minutes de recherches dans tout le Bazard d’Alice, Fly fini par mettre la main dessus.
« Tien, j’ai trouvé la boite ».
Et bientôt, toute la maison d’Alice se mit à briller comme une star, dans le firmament.
Alice était ravi. Elle ouvrit un tiroir accroché au plafond. Pour y accéder, elle monta sur 2 ou 3 chaises empilées. Mais, notre Alice était une acrobate elle sauta à terre, juste avant que les chaises ne s’écroulent. Dans la main, elle tenait 2 belles boites de crayons de couleurs.
Elle les tendit à Fly.
« Je suis sûr que cela te sera bien utile ».
Fly la remercia et repartie dans son long voyage.

Juste avant de partir, Alice lui avait dit que la météo avait annoncé une pluie de météorite non loin de là. Et qu’elle pourrait facilement trouver un gros caillou pour l’emmener un peut plus loin. Il suffirait qu’elle se mette à l’abri dans l’une des nombreuses grottes. Ces météorites sont de vrais gruyères.

Effectivement, au passage de la pluie, elle grimpa lestement sur un gros, gros cailloux, et trouva la grotte pour s’y réfugier. Là, elle se mit à somnoler et à rêver de ses petites coccinelles. Au bout de plusieurs heures, toute une journée sans doute, le gros, gros caillou dans lequel elle s’était blottie, s’était arrêté. La pluie avait cessé.
Fly, sortie de sa grotte, mais elle s’aperçu bien vite qu’elle ne voyait rien.
Elle entendit une voix.
« Bonjour, petite fille-papillon, que viens-tu faire dans mon trou noir ? »
« Bonjour, je m’appel Fly et j’arrive de très, très loin. Pourquoi fait-il si noir ici ? ».
« C’est parce que j’ai perdu toutes mes couleurs ! Un jour, j’étais très énervé, j’ai jeté tout par la fenêtre, mes crayons, mes feutres et tout mon stock de peinture. Et maintenant, je suis bien embêté ».
Fly lui dit :
« Attends, je crois que je vais pouvoir t’aider ! »
Elle sortie une des boites qu’Alice, la bonne étoile, lui avait donné et elle commença à dessiner avec ses crayons de couleurs.
Elle dessina d’abord autour de la voix. Des yeux, le nez, la bouche, un rond pour faire la tête et en quelques coups de peignes-crayon, les cheveux prirent forme. Enfin, elle pouvait voir le visage d’un petit garçon.  Elle termina son dessin, puis s’attaqua aux murs et bientôt le trou noir devint multicolore.
Le petit garçon était tous sourire, il lui fit un gros bisou qui laissa une tendre marque sur sa joue.
« Excuse-moi Fly, la peinture n’étais pas sèche ».
« Ça fait rien, je le garderais en souvenir. C’est Alice qui m’a offert les crayons, je t’en laisse une boite ».
Je demanderais à Alice de t’envoyer d’autres boites par la prochaine pluie ».
Fly, la petite fille-papillon était très fatigué. Elle s’endormie rapidement, sans même s‘en rendre compte. Le petit garçon du trou noir, multicolore, alla lui chercher une couverture pour la recouvrir.

Dans son sommeil, Fly entendit une voix qui lui était familière.
«  On est arrivée. Où étais-tu mon petit papillon ? »
C’était sa maman qui la réveillait doucement.
« Oh, mais j’ai fais une petite balade ».
Sa maman la regarda en souriant.
«  C’est quoi, cette marque sur ta joue, on dirait un bisou multicolore ? »
« Je ne sais pas, maman chérie ?! Et t’as vue, ma bague, comme elle brille ! »
«  C’est vrai qu’elle brille, tu l’as bien choisie dans le magasin. »
En elle-même, Fly se disait, qu’elle brillait encore plus depuis qu’elle était partie voir Monsieur Saturne.

Arrivé à la maison, Maman commença à ranger ses courses. Lorsqu’elle eu fini, elle demanda à Fly :
« J’étais sûr d’avoir pris 2  boites de crayons de couleurs et je n’en vois qu’une ! »
« C’est pas grave, maman d‘Amour, il m’en reste encore une ».

Comme sa maman commençait à préparer le repas, Fly se dirigea vers sa chambre pour s’asseoir tout au milieu de ces jouets. Elle repensa au petit dragon, et se mis à imaginer sa petite maman avec de grandes ailes de papillon et qui la portait dans ses bras.

Plus tard dans la nuit, alors que Fly était endormie, toutes les mamans-papillons ce réunirent,  pour faire la fête.

Par Peopleheart

Written on janvier 13th, 2009 , Raconte-nous une histoire

Dieu contemplait le monde, … il était ravis de cette belle nature, mais en regardant l’homme cet être qui se dit humain, il se prenait la tête en se disant « mais qu’est-ce que tu as fait, Dieu …. »

« à ton image,  tu as voulu le faire… » et de cette image, ils veulent tous se croire supérieur. S’accaparer les objets, les terres, toute cette belle nature et même leurs semblables pour en faire des esclaves. Et pour y parvenir, ils sont prêts à toutes les calamités… la méchanceté, la haine, la guerre.

Et qu’ils s’y résignent bien trop souvent en le faisant au nom de l’amour…

Je leur ai pourtant donné les dix commandements, et j’aurais voulu que le premier de ses commandements soit le suivant :

« tu aimera ton prochain bien plus que toi-même, pour que ton prochain se soucis toujours de toi » parce que je suis un Dieu d’amour, et que les hommes ont besoin les uns des autres pour vivre et se sentir heureux… je ne vous est pas créer pour que vous vous preniez la tête.

Et même si vous ne croyez pas en moi, vous pouvez me dire ce que cela change, croyez au moins au bonheur. Ça me fera plaisir, et à vous aussi… j’en suis sûr.


Je vous ai doté d’une âme et d’un cœur, en elle, en lui, y recèle une richesse immense… mais vous préféré des richesses superficielles… c’est absurde, parce que finalement c’est par votre cœur et votre âme que vous en ressentirez le bien-être ou la peine. Oui, je vous ai aussi attribuer les larmes, c’est pour vous permettre de regarder vos vies avec davantage d’émotions.  Juste le sourire, je me suis dis que ça ne serait pas assez… sourire.


Mais à vous regarder, vous faites de vos existences une douleur permanente, il enfer sur terre.


Alors aujourd’hui, je vous le dis tout net :


« je ne serais jamais jaloux de vous, de la richesse que vous possédé dans vos cœurs, dans vos âmes. Car il faudrait que je m’accapare aussi toute la bêtise dont vous vous abreuvez. Et cela, même pour moi qui suis Dieu, c’est un fardeau bien trop lourd à porter »


« j’ai bien envie de vous dire : démerdez-vous …comme vous l’exprimez dans votre langage si fleuris… si malodorant ».

Alors le ti ange à bien envie de s’associer à Dieu pour la circonstance vous comprenez… car, plutôt que d’être jaloux, je préfère me réjouir de votre bonheur, ça me fera plus chaud au cœur… sourire.


L’amour est fait pour être partagé, pas pour en faire un contrat d’exclusivité… ce n’est pas un commerce qui s’achète… quand bien même ça serait par des mots de la plus grande attention. Chacun à sa place et il doit pouvoir la trouver.


Depuis quelques temps, quelques personnes voudraient apporter leur chaleur en jetant le froid sur un ti ange… je vous dirais bien lorsque je rentre à la maison, je n’ai que 10° dans l’appartement … sourire mais ça n’est pas de votre faute, rassurez-vous. Alors peut-être faut-il penser que l’amour respecterais le principe des vases communicants. Que si la chaleur part d’un côté, c’est le froid que pénètre de l’autre… ça serait trop bête … car ainsi, il y aurait toujours des gens heureux et des gens malheureux. Que décidément le bonheur des uns, ferait le malheur des autres.

Mais, ne vous en déplaise et vous rassure… Dieu ne l’a pas voulu ainsi. L’amour se multiplie… comme des ti pains… et vous auriez cette prétentions de ne pas m’en laisser une miette.


Le ti ange à bien l’honneur de vous adresser son plus beau sourire…pour que votre cœur s’apaise… en agissant ainsi, vous vous faites de la peine… car pour faire cela, il vous faut éprouve une triste émotion. Vous comprenez le truc, et que cela vous vienne naturellement ne change rien à l’affaire, ça reste triste quand même dans votre cœur.


Je n’ai harcelé personne, et encore moins ma tite fleur… et qu’elle vous le disent c’est normal… enfin presque … juste problème de couple. Et que vous vous sentiez harcelé, c’est parce que vous le voulez bien. L’être humain est plein de contradiction, et la vôtre c’est de ne pas vouloir vous mêler des affaires des autres … mais vous le faites quand même en prenant partie.


Vous voulez me blesser par vos mots « doux » mais on ne blesse pas un ange, ça glisse sur ses plumes rappelez-vous. Bon, je vais vous l’exprimer autrement pour que ce soit plus clair pour tout le monde. Je n’ai pas besoin de vos avis pour déterminer le niveau de mon intelligence, je ne vous reconnais pas cette compétence… ou alors faut me montrer vos diplômes et dans ce cas j’aviserais… sourire.


Bon, sérieusement… vous me faites de la peine, car tout vos mots que vous déposez sur le blog de ma tite fleur à mon sujet, croyez-vous que cela va apaiser son cœur… vous ne faites qu’entretenir sa colère, et vous l’encourager à continuer sur cette triste voie… quelle belle preuve d’amour !!!

Alors en plus avec tout vos mots ordurier vous salissez son blog, et vous êtes en train de le transformer en poubelle… alors si vous pouviez arrêtes vos bêtises, moi j’aime ma tite fleur et pas vous ou si mal. Je vous ai parlé de réconciliation, je suis venu vous voir et ce n’était pas pour vous harceler.


Ma tite fleur est une grande rêveuse… et c’est merveilleux. Mais comment j’aurais pu savoir que son rêve m’emmènerais jusqu’en Afrique. Moi j’y ai cru, … alors maintenant aidez-moi à réparer les dégâts. Que ma tite fleur continue de rêver et que certains se réalisent … et de grâce, sans violence…

Ti Ange

Written on janvier 6th, 2009 , comprendre avec le coeur, Raconte-nous une histoire Tags:

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