Et je vous laisse dans les bras de Christophe … s’il veut bien de vous … mdr

Ti clin d’oeil à mes amis de mongénie qui me font des histoires avec les blondes …  sourire … il en parle  … Alors je vais prendre ce risque …  » laisse tombé la neige  » … car comme on dit …  » il faut voir le bon côté des choses  » … SOURIRE …

Mais pour moi la blonde sera toujours ce visage entouré d’un aura de lumière, un ange quoi … pour les autres … j’ai pas encore d’idée … alors en attendant, vous pouvez vous faire une coloration … mais c’est sans obligation … faut peser le pour et le contre …

J’aimerais bien vous parler de Dieu … si si … un ti ange peu faire ça … mais faut que le trouve le temps

Written on janvier 26th, 2009 , Un moment de détente

Je vais revenir à mes premiers amour … ce qui m’a pousser à écrire, … ce n’est pas la poésie …

Il y a quelques jours, j’ai reçu ce charmant petit message sur mon portable :

Salut c moi? J’attends toujours ton appel, a croire que je t’ai laisse mon numero pr rien, rappelle moi au 0899783947 … l’avez-vous reçu ?

Une princesse m’a répondu en me disant : Moi aussi, je l’ai reçu …
alors je n’ai pas pu résister à cette tentation lui dire : Allons avoue, c’est toi qui me l’a envoyé … sourire.

Parce que la meilleur façon de se dédouaner d’un crime, n’est-ce pas justement de s’ériger en victime. Que le plus gros menteur va accuser celui à qui justement il a mentie et de préférence avant que les accusations ne soit public pour bénéficier de l’effet d’avant-première… eh oui, c’est de la stratégie …

Alors comme tu m’as envoyé ce petit diaporama qui m’a bien fait rire, je te met cette petite histoire … et j’aurais bien dit rien que pour toi … c’est juste que tu m’as rappelé certaines choses en m’envoyant ses sourires …

Donc, cette petite histoire écrite il y a un ti moment quand même, et j’aurais dit que ça sens un peu le désinfectant … mais si peu…

Un centre très hospitalier

Nous étions alors au plus fort de l’été, l’époque où l’homme est harassé de fatigue, c’est pourquoi on le voit reposer de tout son long sur d’immenses plages de sable fin où la mer vient mourir par petites vagues successives sauf les jours de compétitions de long-board.
Là, l’homme expose sans vergogne son corps lascif et nu aux rayons accablants du soleil (l’homme, mais la femme également bien sûr.)
Le soleil, qui à ce moment là est au zénith et donc en pleine possession de ses moyens, s’en donne à cœur joie pour buriner les corps ainsi étalés, obtenant des résultats inégaux suivant l’humeur de l’instant. Tantôt noir, dés le petit déjeuner, ou café au lait, tantôt rouge vermillon jusque tard dans la nuit.
C’est donc en ces temps bénis des tour-opérateurs et des boîtes à frites, que je fis l’une de ces rencontres qui marquent votre vie d’une manière indélébile.
Toujours est-il qu’en se temps là… je me suis retrouvé nez à nez avec l’un de ces squatters des plus sournois, un microbe de la plus belle eau (alors que je n’avais absolument rien demandé). C’était un microbe invisible à l’œil nu, mais également lorsque l’on porte des lunettes. Un microbe qui avait pris le parti de s’installer en ignorant délibérément tout sur les lois Pasqua, et au besoin, en s’asseyant dessus. Un microbe qui malgré sa petite taille avait réussi à déjouer tous les plans du docteur, même les plus machiavéliques, et en franchissant sans encombre toutes les barrières dressées contre lui. Ce microbe était allé très loin dans ses exactions, il s’en était pris à mes pieds. En résumé, c’était un coup bas.
Alors, vous vous imaginez bien que cette fameuse rencontre qui est sensée marquer votre vie me marqua surtout le pied.
Aussi, face à ce diagnostic sans appel, une décision s’imposait d’elle-même et sans doute plusieurs autres derrière par un effet d’entraînement. C’est pourquoi, je décidai de me rendre (encore que le mot soit faible — de me livrer — aurais-je dû dire). Je décidai, en accord avec moi-même, de m’abandonner au meilleur centre hospitalier de la région.
Cette double décision, celle de la choisir et celle de la faire mienne n’était pas sans risque. Et là aussi, le risque était double. J’entrais dans un monde où j’allais devoir affronter la plus grande concentration microbienne jamais égalée. Je m’étais dit, et c’est ce qui m’a amené à prendre cette décision : « chez ces gens-là, on a l’habitude de voir les microbes, et peut-être même à l’œil nu… (avec de l’entraînement, on arrive à tout). Ils auront certainement dû rencontrer l’un de ses frères à une occasion ou à une autre, voire, l’un de ses cousins issu de germain. Alors, en remontant la filière, en refaisant la généalogie, ce serait bien le diable s’ils n’arrivaient pas à localiser ce microbe pour le renvoyer dans ses foyers, quitte à faire appel à témoin ».
Souvent, le problème avec les microbes, c’est qu’on ne sait jamais d’où ils sortent. Alors bien sûr, au début ils s’installent n’importe où et personne ne fait rien contre eux, mais personne ne fait rien non plus pour eux. Et après on s’étonne que ça dégénère. Alors, si on veut renvoyer ces squatters chez eux, il faut au moins prendre la peine de savoir d’où ils viennent.
En me rendant à l’hôpital, je prenais donc le risque de me récupérer un microbe en instance d’affectation, un microbe qui errerait sans but précis, comme une âme en peine, dans un couloir de circulation normalement réservé aux humains.
Le deuxième risque, c’était que j’entrais dans un monde qui avait déjà ses propres règles, qui ne seraient pas forcément compatibles avec les miennes. Mais, ne jetons pas la pierre avant la cognée et observons le bon côté des choses. Et le bon côté s’est le côté jardin, comme chacun sait.

Aussi, après avoir éliminé mentalement tous les risques qui, après tout, restaient potentiels (avec un minimum de savoir-faire, je pouvais les éviter), en tous cas, j’étais prévenu, fallait que j’assume et ça, c’était déjà le début de la guérison.
Je me retrouvai donc devant un individu non moins redoutable, le préposé au service des urgences.
Arrivé là, je me hissai péniblement à sa hauteur, histoire de faire bonne figure, et lui exposai sommairement les raisons de ma visite. Ce dernier me demanda sur un ton badin :
- « Avez-vous un bon de consultation ?  »
Je lui répondis avec empressement :
- « Non, bien sûr, c’était une question d’urgence. J’ai coupé au plus court, pour gagner du temps … et quelques pas ».
Déjà bien aguerri dans son métier qu’il semblait maîtriser à la perfection, il me répondit avec le naturel qui le caractérisait.
- « Il faut que vous alliez chercher un bon de consultation ».
Je lui confirmai mon état de santé avec la plus grande conviction et sans grand succès également. Il est vrai que je n’avais pas de mot d’excuse du docteur m’interdisant la marche à pied. Si j’avais su, je me serais fait livrer par le SAMU, ou par les pompiers. J’aime bien les camions de pompiers.
J’insistais bêtement en lui faisant part de la cruauté dont il se rendait coupable. Mais depuis qu’il était à ce poste, il en avait vu de toutes les couleurs et cela l’avait rendu totalement insensible à la détresse humaine. J’entrepris donc de ramper jusqu’au service des bons, et là bien naturellement je m’enquis de savoir si j’étais dans le bon service, celui qui délivre tous les bons de consultations. En fait, il ne m’en fallait qu’un, et je me disais, pourvu que se soit le bon.
D’un geste rageur, j’arrachai les tickets des 15 prochains clients et grimpai sur l’un des sièges encore vacants juste en face de mon destin, un guichet d’un genre très classique.
Au bout d’un moment, je vis arriver une personne, bien dans sa peau me sembla-t-il, qui s’installa avec aisance derrière l’un des nombreux guichets délivreurs de bons.
Tout de suite, je sus qu’elle venait pour moi. Je ne savais pas trop pourquoi, mais je le savais. Et elle, le savait-elle ? Je ne répondrai jamais à cette question, car je ne lui en ai jamais fait la demande, cette question ne m’étant venue à l’esprit que beaucoup plus tard. Effectivement, au bout de quelques minutes qui comptaient pour des heures, celle-ci appela mon numéro. Pas celui du voisin, le mien. Cette constatation ne fit que confirmer mes soupçons.
Comme c’était l’été, ils en avaient profité pour réquisitionner quelques jeunes qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire. Les vieux profitant généralement des grosses chaleurs pour s’aérer, et finalement tout le monde y trouvaient son compte. J’avais donc devant moi une jeune fille qui exceptionnellement ne portait pas d’écouteurs sur les oreilles. On avait dû lui donner des instructions qu’elle avait suivies.
- « C’est pourquoi ? »
me demanda-t-elle, en regardant le numéro que je lui remettais afin de bien vérifier qu’il était gagnant.
J’hésitai quelque peu et lui avouai presque en m’excusant :
- « C’est pour une urgence ».
- « Et ça fait longtemps que vous m’attendez ? »
me dit-elle avec un large sourire pour faire passer la pilule.
- « Une petite heure, mais je n’ai pas de montre sur moi et il m’arrive de perdre la notion du temps ».

Elle me répondit sans ambages :
- « Alors comme ça, vous venez pour les urgences et ça fait une heure que vous attendez… Vous voyez bien que ça n’était pas si urgent que ça ! Avez-vous votre carte d’assuré social ? »
-  » Évidemment que non. Comme je savais que vous me la demanderiez, j’ai tout fait pour ne pas la trouver « .
Relativement dépourvue du sens de l’humour (elle avait dû le ranger au vestiaire en arrivant à cause des vols qui sont fréquents de nos jours, le vestiaire bénéficiait en effet de la télésurveillance 24 h/ 24 et 7 j/7), elle me laissa un petit mot afin que je n’oublie pas de revenir avec ma carte en main et dans les meilleurs délais, en conservant le secret espoir que les recherches s’avéreraient plus fructueuses. Elle me donna également le bon auquel j’avais droit. Ainsi, le processus était enclenché. J’étais prêt à affronter tous les services hospitaliers. J’avais enfin mon laissez-passer et, hormis un petit problème de vélocité, tout allait bien. A partir de ce moment-là, j’entrepris le chemin du retour vers les urgences déjà si impatientes de me revoir.
Je longeai des brancardiers totalement indifférents, des chaises roulantes, des cannes anglaises en pleine possession de leurs moyens et des regards experts qui, de temps en temps et à titre exceptionnel, demandaient si ça allait. Enfin, je parvins sans trop d’encombre aux urgences qui n’étaient plus de mise. C’est pourquoi je déposais, le plus discrètement possible, mon bon qui peut-être me donnerait droit à une réduction. (Là, je ne savais pas trop, personne n’en avait parlé.)
Selon la coutume, on me conseilla de patienter. En plus de mon mal en patience, je pris donc d’autorité un siège pour m’asseoir, que je m’obligeais à rendre lorsque le devoir m’appellerait, plus un autre siège pour poser mes pieds que je m’obligeais également à rendre dans les meilleurs délais.
L’endroit où j’attendais portait un nom relativement banal :  » salle d’attente « . Une série de sièges étaient bêtement alignés les uns à côté des autres et fermement enchaînés les uns aux autres dans un grand esprit de solidarité et surtout pour éviter les désertions de chaises, des fois qu’elles voudraient changer de salle d’attente. Les mutations de chaises c’est pas courant mais c’est déjà arrivées. Le décor était absent. Seules, quelques affiches étaient là par hasard. De vieux restes d’une campagne d’information sombrée dans l’oubli. Et si les informations en étaient encore visibles, ça devait être dû à son orientation plein nord. L’éclairage n’était là que pour éclairer. On aurait pu imaginer qu’il apporte quelque chose de nouveau mais ça ne devait pas être le lieu ni l’endroit. En dehors de ça, il fallait déplorer l’absence des vieux magasines toujours fidèles aux salles d’attentes et qui avaient dû être retenus ailleurs pour un congrès, où il était question de leur adaptation aux désirs des patients soucieux d’entrer dans la peau de leur personnage.
Et puis au bout d’un certain temps, on vint me chercher. On aurait pu croire que j’avais été oublié, mais il n’en était rien. D’ailleurs, pas un seul instant je n’ai douté que mon tour n’arriva, non, pas un seul instant, car je suis toujours resté confiant.
Et c’est tout à la joie d’affronter le corps médical que je suivis docilement la blouse blanche qui me montrait le chemin.
Nous arrivâmes dans un petit local, petit, mais suffisamment grand pour contenir un patient, un interne de service, avec tous ses accessoires, s’ils sont bien rangés, exceptionnellement une aide soignante, mais il y a rien de moins sûr. Plus un observateur (accompagnant, personnel de service désireux de s’instruire) dans la mesure où le dit observateur reste sur le pas de la porte.
Je m’installai, comme si j’étais chez moi, sur la table prévue à cet effet et dévoilai à la face du monde ici présent l’objet de ma visite jusque là tenu secret. Devant l’étendue des dégâts, on fit appel à un spécialiste et pour ce faire, une chaise roulante fut dépêchée sur place. J’étais enfin pris au sérieux,

j’étais enfin un malade à part entière. Je venais de passer du stade de patient potentiel à celui de patient virtuel avant de passer à celui de patient conventionnel, celui qui est remboursé par la Sécu. Mais j’ignorais encore que bientôt j’atteindrais le stade de patient habituel.
Mon brancardier arriva tout pimpant, et je pus enfin goûter aux joies de la chaise roulante. Et effet, ce mode de locomotion était tout nouveau pour moi et je tenais à en savourer chaque tour de roues. J’osais d’ailleurs à peine effleurer les barres d’entraînement qui assuraient l’autolocomotion de peur de rompre le charme.
Durant le trajet, je me permis quelques fantaisies. Je lâchais les mains qui étaient restées bêtement crispées sur les accoudoirs. J’en profitais pour dire bonjour aux gens de passage, et seulement à ceux-là. Je m’étais même enhardi pour me pencher au-dehors, (alors qu’on sait que c’est interdit), et tournais la tête pour regarder le paysage défiler derrière moi. J’eus même le loisir d’aider à la manoeuvre lors d’un passage difficile, une porte à franchir, juste en aplomb d’un à-pic : Un ascenseur placé en pleine ligne droite, très difficile à négocier à cause d’une absence totale de signalisation, à moins que je n’ai rien vu, trop grisé par la vitesse.
On réussit à prendre la porte dans un ultime et louable effort pour se hisser dans les étages supérieurs. Quoique je n’aie pas le vertige, on s’arrêta quand même au premier niveau.
Pour sortir, chacun de nous prit soin de bien regarder à droite et à gauche avant de s’engager sur la voie. C’était la voix de la raison. Puis, on continua, bille en tête vers le service concerné. Là, le brancardier me parqua à l’endroit prévu à cet effet, en compagnie d’autres malades qui patientaient patiemment.
La plupart d’entre eux étaient silencieux, à l’exception d’un seul, une femme, qui était entrée en grande conversation avec elle-même. Au début de l’entretien, elle avait commencé avec son mari. Celui-ci lui répondait par de vagues sons, tellement vagues que l’on se demandait s’ils étaient bien réels. Par la suite, la femme avait continué la discussion toute seule pour entretenir la conversation qui serait certainement tombée sans cela. Elle devait sans l’ombre d’un doute avoir un meilleur entraînement que le mari. En tout cas, elle semblait être parfaitement à l’aise sur ce terrain. Ce devait être son terrain de prédilection. De temps à autre, l’un des malades laissait échapper quelques mots pour donner le change, puis l’ambiance retombait aussi rapidement qu’elle était venue.
Nous faisions face au bureau de l’infirmière et de là, faute de télé, nous l’observions tout à loisir. Pour changer un peu, j’avais entrepris un tour d’horizon. Plusieurs individus dont j’ignorais totalement l’identité, attendaient. J’étais arrivé sans prévenir et je les soupçonnais d’avoir fait comme moi. Mais je ne pourrais pas vous dire si mes soupçons étaient fondés. Pendant ce tour d’horizon, alors que j’étais toujours assis dans mon siège à roulettes, deux questions me vinrent à l’esprit :
Étaient-ils contagieux ? Aucune pancarte ne le précisait.
Celui-là va-t-il me prendre mon tour ?
Depuis que j’étais arrivé, un certain nombre d’individus étaient venu gonfler les rangs et tous ne procédaient pas de la même manière. Certains arrivaient, l’air hésitant à tel point qu’ils faisaient parfois demi-tour, pour revenir 2 minutes plus tard comme si de rien n’était. D’autres se présentaient, posaient leur valises et s’asseyaient pour se noyer dans la masse. Et une troisième catégorie fonçait droit sur le bureau de l’infirmière pour lui sortir comme par défi leur bon de consultation rose bonbon.
Voilà déjà un bon moment que j’attendais, et personne ne s’était préoccupé de ma présence, c’est pourquoi une vague inquiétude me gagna. Mais celle-ci restait vague, c’était comme une présence virtuelle.

Et puis, on dut se rappeler que j’étais là, car on vint me chercher. Je pénétrai à nouveau dans une pièce où je notai une légère progression dans l’espace disponible.
Je vis alors comme une apparition. Une jeune femme plus que charmante pénétra dans la place. Elle remarqua tout de suite l’objet de ma visite, mais prit néanmoins le temps de me demander un complément d’information. Je m’exécutai sans plus tarder en faisant appel à toutes mes mémoires que je m’empressai de mobiliser. Malgré ce prompt renfort, je rencontrai quelques difficultés pour rassembler les faits. Lors de cette manoeuvre je ne pus m’empêcher de regretter n’être qu’un humain. Ah, si j’avais été un ordinateur, j’aurais sans problème ressorti l’information avec les tendances météorologiques du moment pour re-situer le débat, en indiquant de surcroît tous les saints du jour. Malheureusement, je devais rester encore pour quelques années une créature humaine. Pour m’aider dans ma démarche, la jeune femme finit par me demander pourquoi je n’étais pas aller voir un spécialiste.
Pourquoi n’avais-je pas été voir un spécialiste plus tôt, je me le demande encore aujourd’hui !
Il faut vous dire que j’avais juste un médecin généraliste à la porte de chez moi et je n’avais pas pu m’empêcher d’abuser délibérément de cette facilité pour renouveler mes visites chez ce docteur à plusieurs reprises. C’en était devenu comme une drogue dont je n’arrivais plus à me défaire. J’étais complètement intoxiqué.
Pourtant, il fallait bien qu’un jour, cela cesse. Et ce jour-là était arrivé.
Mais, visiblement, j’avais trop tardé. Et ce jour-là, je sus également qu’il ne fallait pas toujours écouter son docteur. D’ailleurs, pourquoi avais-je écouté mon docteur lorsqu’il me disait de continuer le traitement. Qu’est-ce qui pouvait bien me pousser dans cette confiance aveugle. Encore une question sans réponse qui irait rejoindre le clan des laissés-pour-compte.
Je le sentais bien, on était en train de m’accuser de négligence médicale et sur ma propre personne. Je devais être relativement de bonne humeur, et sans doute que si ma visiteuse avait été vieille et moche ç’aurait été diffèrent. Toujours est-il que sans vraiment savoir pourquoi, j’étais prêt à tout lui pardonner.
J’avais du bien manoeuvrer, car elle fini par me proposer de rester quelque jours. Il m’apparut comme une évidence le fait d’accepter et je pense même que ça n’aurait pas été correct de refuser.
Et déjà, je m’imaginai nos rencontres, tous les matins après le petit déjeuner. Pour la remercier d’avoir pensé à m’accueillir, j’avais bien pensé l’inviter à tremper son croissant avec moi mais aurait-elle put attendre jusqu’à ce moment-là. Égoïstement, je me mis à rêver d’être aux petits soins (intensifs), de passer des nuits blanches en compagnie d’un joyeux compagnon de chambrée et avec lequel nous aurions échafaudé de fabuleux projets, redécouvrir les joies de l’existence grâce à la complicité bienveillante de l’infirmière de nuit, me faire faire un shampooing, engager de longues conversations à bâtons rompus sur l’existence, tout connaître sur l’univers hospitalier. Des petites choses toutes simples, mais qui réchauffent le cœur.
Tout à la joie de ses moments délectables, j’entreprit les démarches nécessaires, notamment, réquisitionner les divers accessoires indispensables qui permettent de respecter les règles d’hygiènes et aussi de sécurité encore en vigueur à l’heure actuelle. Je m’assurai sans problème le concours d’une baby-sitter pour le toutou qui allait quant à lui parfaitement bien et passai ma commande d’oranges pour les jours à venir. J’avisai les diverses personnes pour lesquelles mon absence allait provoquer une détresse morale profonde, voire, un état de manque caractérisé.
Et, c’est l’esprit complètement libéré que je me dirigeai vers mon destin. En fait, quand je dis « je me dirigeai, » j’exagère un peu, car j’étais toujours sous l’emprise de ma chaise à roulette.

Aussi, je me laissais diriger. Ce qui était un peu normal, puisque dorénavant, j’étais pris en charge.
Arrivé sur mon lieu de villégiature, on me fit les honneurs de l’infirmerie, où je pus saluer les infirmières et leurs complices attitrées, les aides-soignantes, dans la joie et le bonheur, mais également dans la douleur et dans la souffrance, jusqu’à ce que la fin de la journée les sépare. Après avoir subi avec succès mes premiers soins, je fus livré séance tenante dans la chambrée. Là, je pus enfin apprécier la qualité de la literie mais également la vue sur les toits d’où l’on pouvait observer une grande variété de cheminées, d’antennes et autres paraboles.
Pour mon arrivée, la climatisation avait été mise à fond : On avait ouvert en grand les deux fenêtres qui étaient généreusement disposées sur les murs de la pièce, qui en comptait quatre.
En plus du gîte et du couvert, on m’offrit en gage de sympathie sans doute, ma tenue de soirée qui me servirait également dans la journée, mais sans le nœud pap qui était en option. On me gratifia également du minimum vital, à savoir un gant et une serviette de toilette. Tout ça bien sûr dans le but d’être présentable devant les infirmières.
Quelqu’un me demanda quel régime je suivais. Je dû lui avouer, à mon grand regret, que je n’en suivais aucun, même de loin. A mon grand regret, car je suis sûr qu’il se serait fait un plaisir de m’en concocter un, exprès pour moi. Et par-dessus le marché, je lui annonçai que je mangeais de tout.
Je sentis comme une vague d’amertume l’envahir et gagner tout l’hôpital. Je les entendais tous, autour de moi, penser dans leur tête. Un client presque en bonne santé, mais qu’est-ce qu’il vient faire là. C’est peut-être un Gaud et Millau des hôpitaux.
Lorsque l’on m’apporta mon plateau-repas, je n’avais toujours pas vu le menu. Peut-être s’agissait-il d’un problème de timidité. Toujours est-il que par la suite, nous n’aurons jamais l’honneur d’être présentés.
Et, c’est plusieurs fois par jour, matin, midi et soir que je redécouvris avec d’autant plus de surprise, le contenu de mes repas. Lors de notre première rencontre, j’eus tout le loisir de manger une purée sans sel. C’était une purée tout ce qu’il y a de plus ordinaire, une masse compacte, légèrement jaunâtre posée à même le fond de la coupelle et attendant bêtement d’être mangée, car totalement dépourvue d’imagination culinaire.
Je me mis à envisager plusieurs scénarios, en particulier que je m’étais mal exprimé, des fois, quand on est malade on ne sait pas toujours ce que l’on dit. En fait il n’en était rien. Il aurait suffit que je demande le sel et on m’en aurait donné. Mais, comme il s’agissait d’une denrée rare dans le secteur, il fallait que je fasse une demande 24 H à l’avance. On s’était donc bien gardé de me faire part de ce détail pour ne pas me mettre dans l’embarras.
Je fus d’ailleurs avisé de cette particularité le jour suivant et vraiment par hasard. Le hasard voulait-il se mettre de la partie ? Moi, personnellement je n’avais rien contre, du moment qu’il était prêt à bien faire les choses. C’est donc avec 72 H de retard que le sel arriva. Cette attente ne fit que piquer au vif mes glandes salivaires et par la suite, je ne pus qu’apprécier davantage son incomparable saveur.
Il en fut tout autrement pour le téléphone qui quant à lui était parfaitement visible. Pourtant et malgré mon insistance j’en fus privé dés mon arrivée. On me soutint contre vents et marées qu’il m’était impossible de téléphoner de la chambre.
Or, au bout de 3 jours je pus lire une affichette qui avait réussi à tromper la vigilance du personnel depuis des années semble-t-il et qui donnait gracieusement la marche à suivre. Malgré tout, dans un grand esprit de solidarité, je décidai de renoncer à ce privilège afin de réaliser de substantielles économies de communication (la communication est parfois si difficile à établir, autant la préserver).

Le jour de mon arrivée, j’avais pu observer un ravissant petit poste de télé. Il se tenait fièrement posé sur son pied à roulette. Ainsi, on pouvait l’emmener là où on voulait et même dans le couloir si on avait voulu. Mais, le fil n’était pas assez long, alors, il se contentait de regarder par la fenêtre.
On le voyait bien, ce charmant petit poste ne demandait qu’à s’allumer et à diffuser ses programmes sans jamais faiblir. Pour se faire, il était nécessaire d’avoir une télécommande. Remarquez, pour un poste de télé, une télécommande, ça tombe sous le sens. Fort judicieusement, un numéro à appeler en cas de besoin, avait été indiqué sur ce tout jeune poste.
Je m’empressai de composer ce numéro sur le téléphone que l’on m’avait gracieusement installé près du lit. Le répondeur qui était à l’autre bout du fil me fit sa déclaration.
- « Déclinez vos nom, prénom, âge et qualité, ainsi que votre adresse et dites l’objet de votre demande ».
Sur le moment, je me suis dit que je n’appelais pas pour qu’on prenne le café, encore que je n’avais rien contre. Mais il est vrai que certains pourraient avoir des exigences particulières. Par exemple, un poste de télé si grand qu’il lui faudrait plusieurs pieds pour se déplacer sans pour cela se mettre à courir. Ou encore, un programme qui serait déplorable, voire, une panne d’émetteur ou une image qui aurait perdu toutes ses couleurs. En tous cas, pour ce qui était de l’adresse, ça tombait bien, j’en avais une toute nouvelle. Et toutes les heures qui suivirent, je me lamentai de voir se poste sans couleur. Au lever du jour, je décidai de renouveler mon appel, non pas dans l’espoir d’avoir un deuxième poste, mais pour préciser la situation. Je fis part de mon désespoir au répondeur qui ne prit même pas la peine de me répondre, bien que j’y ai mis toutes les formes, et notamment que je m’en voudrais à mort si on se fâchait pour une histoire de poste qui se faisait pourtant appeler désiré.
Quelques heures plus tard, je vis arriver ma télécommande en compagnie d’une dame en blouse blanche. Je tiens à souligner, à ce propos, que la plupart des membres du personnel portaient une blouse blanche. Cela devait faciliter le réapprovisionnement et en plus, éviter les problèmes de lessive qui ne respecte pas toujours les couleurs.
Lorsque je fus en possession de la télécommande, je me jetais à corps perdu sur ses boutons en zappant joyeusement jusque tard dans la nuit. Cette opération se renouvela le jour suivant. Mais, sans doute parce qu’il ne faut jamais abuser des bonnes choses, je dus ralentir le rythme.
Un tout jeune homme de 90 ans venait en effet de s’installer. Ah, si j’avais pu deviner un seul instant ce qui m’attendait, j’aurais troqué mon poste de télé contre un studio d’enregistrement. La première chose qu’il me demanda, ce fut si je n’étais pas trop malade. Sans doute espérait-il tomber sur quelqu’un en bonne santé, ou, à la rigueur, de bien portant. En fait, ce qui le préoccupait c’était de savoir si j’étais en parfait état de marche. A mon corps défendant, je correspondais sensiblement aux critères prédéfinis. Et si j’avais pas été obligé de venir à l’hôpital, j’y correspondrais à cent pour cent. A la suite de quoi il se mit à me raconter sa vie.
Le plus intéressant dans notre conversation, c’est que je n’avais guère besoin d’intervenir. Statistiquement parlant, je lui allouai généreusement 90 % du temps de parole. En fait, lorsqu’il ne me parlait pas, c’était lorsqu’il s’adressait aux infirmières et lorsqu’il dormait.
Ce système remplaça avantageusement la télé qui comporte encore une dose d’effets secondaires pas toujours bien établis. Alors, hormis le fait que l’on aime ou pas le programme, c’était tout bénéfice.
A plusieurs reprises, j’eus l’occasion d’entrer en contact avec le personnel de l’hôpital. Plusieurs personnes retinrent mon attention.
L’une d’elle me rappela le titre d’un film qui hantera mes mémoires jusqu’à la fin.

Ce film c’est  » la mégère apprivoisée  » sauf que là c’était  » la mégère tout court « . Justement, ça se passa le lendemain de mon arrivée. Comme ça, on savait à quoi s’en tenir dés le début.
Je sortais d’une opération des plus délicates réalisée avec brio grâce aux bons soins de mon interne préférée, la jeune femme qui m’avait si généreusement invité. Pour cette occasion, je m’étais mis les pieds entièrement nus. Et j’osais à peine les recouvrir, lorsqu’on me héla pour parachever mes soins. Les travaux de finition quoi ! On m’offrait un bain de pieds.
Comme je n’étais pas très au fait des pratiques du service, je demandai bêtement à la personne qui m’avait hélé de quelle façon je pourrais m’y rendre. Celle-ci m’expliqua que je devais y aller par mes propres moyens et qu’il n’était pas dans ses intentions de me porter. J’avoue que sur le moment je n’y avais pas pensé, mais on ne peut pas penser à tout. Heureusement qu’elle était là pour me le rappeler. Je lui signalai ma situation, notamment que j’avais toute une enfilade de couloirs à parcourir. Comme je venais d’arriver, je manquais un peu d’entraînement et j’ignorais si je tiendrais la distance.
Pour ce qui était du trajet, il semblait évident que ça n’était pas son problème. On peut même imaginer qu’elle n’était pas payée pour ça. Le soutien des malades en détresse, c’était pas son truc. Et avec le temps, j’ai acquis l’intime conviction que ça n’était pas les malades qui étaient en détresse, mais bien elle. Elle me conseilla de mettre des chaussons. Or, depuis ma position, je n’en apercevais même pas la queue d’un.
En plus d’un sens de la répartie redoutable, elle devait également posséder une acuité visuelle hors du commun, car elle repéra tout de suite l’objet de ma convoitise. Moi qui avais acquis l’intime conviction d’être totalement dépourvu de ces accessoires que l’on appelle chaussons, je fus bien attrapé. C’est donc tout dépité que je me rendis à mon bain de pieds.
Déjà bien handicapé, j’en avais maintenant gros sur la patate. Tout cela devenait bien trop lourd à porter pour moi. Alors, je décidais d’y aller en 2 étapes.
En arrivant, bien évidemment, on n’attendait plus que moi. Tout de suite, je me sentis beaucoup mieux. Ah, savoir qu’il y avait des personnes que je connaissais à peine et qui ne me connaissaient guère plus sinon au travers d’une feuille de température, que ces personnes et moi-même étions quasiment de parfaits inconnus, et pourtant que ces personnes-là m’attendaient. Il y avait vraiment de quoi vous faire chaud au cœur. Oh, bien sûr, ça faisait une heure qu’ils m’attendaient et ils n’avaient pas que ça à faire, mais c’était l’intention qui comptait.
C’est vrai, après m’avoir collé les pieds dans la bassine et le cul sur une chaise, ils me laissèrent tomber comme une vieille chaussette. Et comme je n’avais pas de joujou à faire flotter sur l’eau entre les bulles de savon (dermo-protecteur). Je me mis à tapoter gaiement à la surface du liquide, éclaboussant tout sur le passage. Au bout d’un moment, il n’y eut plus d’eau dans la bassine. Alors, on vint me libérer On me sécha rapidement quoi que ça n’était pas bien nécessaire et l’on mit la moitié du tube de pommade sur un pied et l’autre moitié sur le deuxième. Heureusement que je n’avais pas trois pieds. Partager en trois, c’est moins évident. Pour faire tenir le tout, on m’emballa les pieds séparément et avec une triple épaisseur pour éviter les fuites. Comme ça, j’étais bien calé dans mes chaussons. De nouveau, on me laissa tomber comme une vieille chaussette, alors, n’ayant rien d’autre à faire je m’attaquai au chemin du retour.
Au cours de mon séjour, j’ai rencontré des choses étonnantes, et notamment des gens qui avaient le sourire, en particulier une jeune stagiaire. Mais peut-être venait-elle de le découvrir ou de le redécouvrir. J’ai quand même du mal à le croire, car elle le pratiquait avec une telle aisance, une telle facilité, que l’on voyait bien qu’elle l’avait exercé toute sa vie. En plus, elle était si jeune.
Et son sourire qui atteignait alors sa plénitude, éclatait au grand jour.

Oui, un sourire comme ça, cela ne pouvait s’expliquer que par son jeune âge. Avec le temps, on devient moins alerte. Pourtant, elle semblait avoir destiné sa vie aux petits vieux, sans doute pour être sûre de rester la meilleure dans sa catégorie.
En dehors de son sourire, elle avait également de la conversation, et j’en profitai largement pour me changer des propos de mon compagnon de chambrée. Loin de moi, l’idée de trouver sa conversation ennuyeuse mais plutôt pour en apprécier tout l’intérêt.
La vie dans un hôpital, ça ne se passe pas seulement dans les chambres ou les salles de soins. Si vous vous attardez quelques minutes dans les couloirs, vous remarquerez très vite des individus assez simplement vêtus, qui déambulent apparemment sans but précis. En fait, il s’agit de malades qui sortent de temps en temps de leurs chambres pour éviter de sentir le renfermé. De plus, les animaux n’étant pas admis dans l’établissement, même dans les couloirs, il n’est pas rare de voir un patient promener sa perfusion en laisse. On en a même entendus qui se retrouvaient pour prendre des nouvelles de l’animal. J’y ai même rencontré des buveurs de café qui taillaient une bavette en fumant une cigarette juste sous les détecteurs de fumée pour en vérifier le bon fonctionnement.

Lorsque la nuit paraît,
une nouvelle infirmière apparaît
et dans la chaleur de la nuit,
elle passe de temps en temps,
pour rompre l’ennui.

Et on parla de la famille pour savoir si elle était nombreuse et dans quelle tranche d’âge. Sans doute dans l’espoir inavoué d’établir une pyramide qui tiendrait la route.
On parla du travail, du travail de nuit dont on n’en voit pas le jour. Et on parla des autres. Il faut toujours parler des autres, ça montre qu’on pense à eux.
Et comme ça, on aurait pu parler pendant des heures, si on avait pu s’allonger sur le lit, côte à côte tout en contemplant la nuit étoilée par un coin de fenêtre qui aurait bien voulu se prêter au jeu. Mais, il fallait être raisonnable et en laisser pour les autres. Alors, on laissa de côté le coin de fenêtre, pour se concentrer sur le changement de perfusion.
Je me souviens du premier jour. On se souvient toujours du premier jour. Ce jour-là, l’infirmière cherchait la veine. Et je ne sais trop pourquoi, j’étais légèrement tendu. Pourtant, à ce moment-là, il n’y avait aucun suspens à en attendre, il fallait juste trouver la veine. L’infirmière s’y reprit à plusieurs fois sans réel succès.
Elle me dit :  » Je vous sens tendu ».
Je m’étais assez curieusement fait la même remarque au même instant. C’était probablement dû à l’ambiance qui favorisait ce genre de propos.
Pour parvenir à ses fins, elle prétendit que je n’avais pas de veine. Je m’abstins de tout commentaire, de peur d’aggraver la situation. Mais, je sentais bien qu’elle avait envie de partager ses problèmes.
Pour délimiter la zone d’intervention, elle fit appel à un rasoir (elle aurait peut-être dû prendre un sonar). Ne voyant toujours pas la veine venir, elle choisit un autre territoire. Finalement, une veine se dévoua pour venir à la rencontre de l’aiguille. Il avait du y avoir une concertation pour que l’une d’entre elles se sacrifie pour la cause.
Et bientôt, je sentis le liquide, bienfaisant qu’ils disaient, couler dans la veine et même un peu plus loin.

On m’avait bien prévenu, lorsque le flacon serait presque vide, je devrais appeler. Ça, c’était pour impliquer le malade dans le processus de guérison. Mais à aucun moment, il n’a été question que je débranche le tuyau. Or, à l’instant tant attendu, j’appuyai sur le bouton prévu à cet effet.
Apparemment, cela ne produisit aucun effet. Et dans la demi-heure qui suivie je ne constatai aucun mouvement de personnel. Aussi, je pris l’initiative de sonner à nouveau. Comme ma sœur Anne, je ne voyais toujours rien venir, j’appuyai une troisième fois en me promettant de prévenir police-secours à la prochaine intervention.
Ils avaient dû lire dans mes pensées et peut-être que la sonnette était en panne les deux premières fois, car du monde fini par arriver. En fait, la transmission ne devait pas être parfaite, car on me demanda ce que je voulais. Une nouvelle fois, je ressentis des sentiments très forts s’échanger entre nous.
- « Qu’est que vous voulez ? »
Je n’étais pas trop exigeant, si j’avais pu avoir la notice explicative, j’aurais pu m’en sortir tout seul. Ils ne l’avaient pas sur eux, les infirmières se la gardaient jalousement. On promit de s’occuper de moi dés que possible. On ajouta, pour me rassurer, que je pouvais bien attendre encore un peu.
C’est vrai, je n’avais rien d’autre à faire, qu’à attendre. J’étais, ce jour-là, complètement seul au monde, je n’avais donc pas d’horaire à respecter. Je n’avais pas encore ma télécommande et le lit d’à-côté restait désespérément vide.
J’avais bien eu la visite d’entretien dans la matinée, mais ce fut plutôt un coup de balai en coup de vent, sans doute pour aérer. Ces dames ne voulaient pas trop déranger, des fois que notre conversation eût aggravé mon cas. Imaginez que ce soit le cas, j’aurais pu porter plainte, pour non-assistance à personne en état de converser. Parfois, le personnel ne respectait pas les consignes, il prenait le temps de bavarder, mais c’était souvent chronométré.
J’avais à peine fini de digérer le petit déjeuner que déjà, le goûter arrivait. Ils appelaient ça « un encas ». Et en cas de quoi, en cas où le plat de c’midi ne m’aurait pas plu. En fait, c’était plutôt un encas où vous n’auriez rien d’autre à faire, pour rompre un peu la monotonie. C’était d’ailleurs assez étonnant, il semblait plutôt s’agir d’un encas service minimum.
On avait un récipient destiné à retenir le liquide et une cuillère pour remuer le sucre contenu dans un sachet. Et juste à côté trônaient trois petits gâteaux secs bien enveloppés. Pour le liquide, on avait le choix. Alors, j’avais choisi du thé. Selon la tradition, il fallait le faire infuser puis, le retirer au moment favorable. Par contre, rien n’avait été prévu pour mettre le sachet usagé, par conséquent, je le déposais où je pouvais. Moi, j’avais décidé de le mettre sur la table. Bien sûr, j’aurais pu le mettre dans la poubelle, mais à chaque fois celle-ci était à l’autre bout de la pièce. Et comme je n’avais pas apporté d’essoreuse à thé, je préférais ne pas le trimbaler. Vous me direz, j’aurais pu rapprocher la poubelle, mais cette idée ne m’a pas effleuré pendant tout mon séjour. Quand on est malade, tout fonctionne au ralenti et des fois, c’est tellement lent que ça ne démarre même pas.
J’étais alors comme tant d’autres fois en train de faire trempette dans le local des infirmières (et quand je dis le local des infirmières, c’est juste parce qu’elles y régnaient en terrain conquis car à priori, c’était d’abord une salle de soins). J’étais donc dans le dit local pour y exercer ma séance quotidienne de bains de pieds. Et de là, je pouvais entendre tout à loisir les conversations médicales et celles qui le sont moins. Mais, ô combien il était vrai que celles-ci s’imbriquaient intimement, comme victimes d’une incroyable force d’attraction.

Inlassablement, le chef donnait ses instructions et inlassablement le personnel en discutait pour aboutir à une décision collégiale.
Les échanges en étaient vigoureux, les propos directs, les sentiments empreints de sincérité. Et tout cela donnait à la conversation beaucoup de fraîcheur et de vie. On en ressortait forcément emballé. Moi-même j’étais prêt à revenir, quitte à verser un supplément.
Lors de mes repas quotidiens, je ne ratais pas une occasion pour rencontrer l’aide-soignante au sourire intérieur, un sourire intérieur tellement enfoncé profondément qu’on se demandait s’il ressortirait un jour. Mais, au fond d’elle-même, elle avait grand cœur.
Sur les recommandations du docteur chargé de ma remise en état, je devais adopter la position allongée. Moi, je n’avais rien contre. Il avait même ajouté, pour manger, ce serait bien d’adopter la même attitude. Alors moi, je restais dans mon lit, bien peinard.
Ma gentille dame, au sourire absent mais au cœur d’or, mon plateau à la main, franchit le seuil de la porte sans frapper. J’avais donné des consignes en se sens. De toute façon, elle aurait passé outre. Et en admettant qu’elle frappe, elle n’aurait certainement pas attendu que je lui dise d’entrer. Mais il est de notoriété publique que les patients qui vivent à l’hôpital sont toujours prêts à vous accueillir. D’ailleurs, tous, nous regrettons qu’il y ait si peu de places assises dans les chambres.
Ma gentille dame, toujours sans sourire ou alors, peut-être le gardait-elle bien au chaud à l’intérieur pour être sûr de ne pas le perdre, cette personne bien prudente m’apercevant sur ma couche me proposa d’autorité une place assise sur la seule table de la chambre. Je m’empressais de la remercier vivement en déclinant son offre généreuse et lui précisait ma position qui m’obligeait à la maintenir. Elle me fit alors comprendre que de toute façon le plateau resterait sur la table, que mes lubies devaient très certainement être dues à des caprices. Puis elle me laissa planté là afin d’éviter que la discussion ne s’éternise. Ce qui en un sens était assez judicieux si je ne voulais pas manger froid. Encore une preuve de son bon cœur. Je me rendis donc à ses quatre volontés. Les volontés, ça marche toujours par quatre et là, on devait déjà en être à cinq ou six.
Durant mon séjour, j’eus la chance de partager ma salle de bain avec mon compagnon de chambrée. Malheureusement, celle-ci ne possédait pas de douche, un oubli lors de la construction. Alors, je m’enquis auprès du personnel pour savoir si l’on avait oublié partout. Compte tenu de mon état, il était exclu d’envisager le jacousie on me proposa néanmoins une solution de secours, une sorte de siège avec douchette incorporé.
Au premier abord, c’était plutôt cet accessoire étrange qui semblait avoir plus besoin que moi d’un bon bain. Mais j’avais tout autour de moi des experts en asepsie alors je pris sur moi et me voilà nu comme un ver. Sauf que lui, le ver, n’avait pas l’infirmière commise d’office devant lui. J’avais donc une double répulsion à vaincre, mais c’était juste un mauvais moment à passer, d’ailleurs selon la coutume du service, après m’être fait shampooiner je fus laissé à moi-même, car on me fit entièrement confiance pour le reste des opérations.
Comme tout bon malade, je fis ma petite poussée de fièvre. On me confia donc un thermomètre pour bien surveiller la chose afin de ne pas laisser déborder la ligne en dehors de la feuille de température. Moi, j’ai toujours pris ma température selon la bonne vieille recette de grand-mère. Je n’étais pas sans ignorer non plus qu’il existe d’autres méthodes. Mais ce que je méconnaissais c’était la technique du biberonnage.
Cette technique consiste a se faire enfourné le thermomètre dans la bouche par l’infirmière de service qui le maintien pour être sûr qu’on ne l’avale pas.

Cette méthode, qui à du être inventée par une aide soignante contrainte de quitter la maternité pour cause de baisse de natalité, présente l’avantage de garder le contact avec son infirmière. Je conserve néanmoins un petit regret, que mon infirmière n’ait pas eu toujours le look super-nounou.
Et puis le grand jour arriva. Celui où on me fit savoir que j’étais apte à retourner dans le grand monde. J’avais bien songé organiser un pot d’adieu pour marquer le coup, mais à l’évidence, si je voulais que tout le monde vienne, il aurait fallu que ça dure toute la journée en empiétant également sur la nuit.
J’avais espéré que le jour de mon départ soit marqué par quelques mouchoirs qui s’agitent sur le quai, mais j’avais dû me tromper de film, car ce jour-là, je me suis même demandé si j’avais le droit de partir. Si j’étais resté, est-ce que quelqu’un s’en serait aperçu ?
A un moment donné, je me suis décidé à partir. Je pensais, malgré tout, serrer quelques mains plutôt que de partir comme un voleur. Mais je ne vis guère âme qui vive. Pourtant, on ne n’avait signalé aucun décès.
Je ne sais trop comment, je me retrouvai au guichet des sorties, qui se situait d’ailleurs juste à côté de celui des admissions au cas ou il s’agirait d’un faux départ. On me précisa que je n’avais rien à payer. Enfin une bonne nouvelle !
Alors, c’est d’un pas léger et l’ordonnance du docteur en main que je me dirigeai droit vers la pharmacie la plus proche.
En pénétrant dans cet édifice, j’exhibai fièrement la dite ordonnance. Je venais d’un centre si hospitalier, l’ordonnance en était la preuve et j’en étais sorti. Comme quoi, c’était possible de s’en sortir. Et en posant mon ordonnance d’une façon ostentatoire bien en face du pharmacien, j’espérais au moins une marque d’admiration devant cette remarquable performance.
Le pharmacien ne broncha pas. Il en avait vu d’autres. Vu comme il était placé, face à l’hôpital. Il était assuré d’avoir la clientèle la plus mal en point de tout le marché. De grosses commandes en perspectives.
Lorsqu’il m’apporta ma commande, il me décocha l’un de ses sourires des jours de soldes, celui des petites commandes, celles qui ne dépassent pas 100 balles. Et que l’on paye en liquide pour pas en perdre une miette.
D’instinct, je sus tout de suite que s’était un sourire commercial sans envergure. La preuve, si on avait put le toucher, on aurait tout de suite constaté qu’il manquait de chaleur humaine. Bah… il savait que j’allais repartir, ne jamais revenir … sans doute a-t-il voulu me montrer sas déception …

fin

Written on janvier 25th, 2009 , Raconte-nous une histoire

Le véritable Amour, l’ami sincère n’est-il pas celui qui te tends toujours la main

Et non pas cet être qui t’envoie au diable…

Vous les femmes qui avez ce pouvoir merveilleux de mettre au monde ces petit anges,

Que par cet actes prodigieux, vous faites naître les âmes

Celle qui peuplera le monde de demain

Par ce simple fait, nous vous devons le respect

Les hommes connaissent si peu de se que vous éprouver

Et de toutes vos douleurs, ils ne savent finalement que celle de l’enfantement

Du bonheur de la naissance, ils ne ressentent que le tiers de ce qui inonde votre âme

Si les hommes savaient toute l’intensité de vos émotions

Qu’elles soit dure, faites de souffrance

Ou d’immense volupté, d’extase profonde et de sérénité

Si les homme savaient cela, ils en seraient probablement jaloux,

Mais se prosterneraient à vos pieds

ne vous diraient plus que vous êtes douillettes

Ne vous trouveraient plus trop sensible…

Vous les femmes, vous êtes les mères de tous les êtres qui vie sur cette planète

Et tous les hommes sont vos enfants

Vous vous devez de les protéger, de leur apprendre l’amour pour qu’il y ai la paix

Que votre propre enfants la connaisse et rencontre le bonheur à son tour

Parce que c’est toujours ce que souhaites une mère pour ses enfants

Qu’ils rencontrent l’amour, qu’elle soit faite de paix.

Devant certaines émotions, nous perdons parfois la tête

Et il faut savoir les regarder,

non pas pour les juger

Mais pour les comprendre

Faire avec, les accepter pour ce réconcilier.

La jalousie par exemple,

Elle n’est que le reflet de notre candeur d’âme

Celle de croire que nous pourrions posséder un cœur

Mais l’amour ne sera toujours qu’une émotions

Et ce moment de félicité, il est en nous

Alors pourquoi devrions nous prendre ce que nous possédons déjà.

Et ce que nous ressentons, c’est ce manque, cette délicieuse émotions qui n’est plus en nous.

Celle de se sentir aimé.

Et moi, je suis obligé de te dire : « je t’aime encore »

Parce que c’est  ce que j’ai de mieux à faire

Malgré toutes ses paroles, tout ses mots durs

Et à cause de cela…

Non pas pour te reconquérir le cœur,

Mais pour que tu puisse aimer encore, car sereine

Parce qu’aimer c’est savoir pardonner

Et j’imposerais toujours mon point de vue,

Pour n’avoir pas à subir toutes les bêtises des autres

Et je les subirait quand même

Parce que face à ses cris

Mes amis sincères sont devenue trop timide, trop timoré

à me dire de faire silence au lieu d’aller apaiser ceux qui cris

à me parler de respect parce que les autres n’en ont plus

Ils m’ont abandonné, parce qu’ils sont partie sans le vouloir

Dans cet enfer, celui de m’attirer tous vers le diable

Alors qu’ils étaient tous ses acolytes

Et je vous ai tendu la main … pour vous sortir de ce pétrin …

(euh …. Je peux dire MDR … C’est juste pour vous faire sourire … )

Vous les femmes, vous êtes quand même de drôle de dames

Et nous sommes tous comme des BOSLEY un peu benêt à nous laisser embobiner

Que cela soit au moins pour la bonne cause, celle de s’aimer

Je vous souhaites un bon week-end.

Written on janvier 24th, 2009 , comprendre avec le coeur

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